Montréal-Nord

Montréal-Nord : grogne contre la possible relocalisation d’un centre d’éducation pour adultes

Montréal-Nord : grogne contre la possible relocalisation d’un centre d’éducation pour adultes
Photo: Quentin Parisis / L'Informateur

Le Centre d’Éducation des Adultes Galileo de Montréal-Nord pourrait changer de vocation, et ce, dès l’automne 2019. La Commission Scolaire English-Montreal envisage d’y accueillir des élèves de la Commission scolaire de la Pointe de l’île, confrontée à une pénurie de salles de classes. Or, des élèves de cet établissement qui accueille notamment des adultes ayant des besoins intellectuels et physiques particuliers, s’inquiètent de cette éventualité.

Pour pallier la pénurie de locaux, la Commission scolaire de la Pointe de l’île (CSPI) a interpellé la Commission Scolaire English-Montreal (CSEM) pour qu’elle lui fournisse des bâtisses ou des salles dans l’est de Montréal. Selon les chiffres donnés par la CSEM, la CSPI aurait besoin de 156 classes pour la prochaine rentrée.

Dans cette perspective, le Centre d’Éducation des Adultes Galileo, situé à l’angle du boulevard Pie IX et de la rue Martial, a été identifié par la CSEM comme établissement d’accueil potentiel.

Selon Patricia R.Lattanzio, commissaire scolaire à la CSEM, la bâtisse a une capacité d’accueil de 57 classes, ce qui répondrait en partie aux besoins urgents de la CSPI.

« Il y a des places disponibles dans tous les territoires de l’Est, mais il s’agit d’une classe par-ci, deux classes par-là; [cette option] viendrait ébranler plusieurs écoles. Un espace comme Galileo permet d’accommoder plusieurs étudiants dans un seul édifice », explique-t-elle, ajoutant que la décision n’est pas encore définitive.

Joe Ortona, vice-président de la CSEM, estime aussi que cette solution est la meilleure, précisant qu’il n’est pas question de fermer cet établissement. Il y a seulement « des discussions sur un déplacement des étudiants», assure-t-il. Un plan serait sur la table pour relocaliser les étudiants du centre Galileo, mais M.Ortona n’a pas souhaité donner plus de détails.

Inquiétudes

Malgré cela, les inquiétudes sont grandes chez les usagers du centre d’éducation pour adulte, en raison des besoins particuliers d’une bonne partie de la clientèle qui le fréquente.

Une centaine de parents, élèves et membres du personnel ont manifesté leur mécontentement, le 5 avril.

Parmi eux, Henri Padron, frère d’un homme de 50 ans qui a une déficience intellectuelle. Ce dernier se rend au Centre Galileo « depuis plusieurs années » et cela lui a permis « de s’intégrer un peu dans le système ». « J’aimerais que le monde qui prend la décision de déménager vienne voir les besoins. Ce n’est pas la même chose que de déplacer des personnes normales », s’exaspère-t-il.

Il craint que son frère soit « très déstabilisé », d’autant que l’encadrement d’une personne avec un tel profil peut prendre « des mois ou des années ».

Wafa, 51 ans, vient pour améliorer son français et envisage d’apprendre l’anglais, mais le possible éloignement de ses cours pourrait mettre à mal ses projets.

La CSEM divisée

Une résolution doit être adoptée dans les prochains jours pour mener une consultation sur l’avenir du Centre Galileo, mais plusieurs commissaires, dont la présidente de la CSEM, Angela Mancini, militent pour une consultation plus large, sur l’ensemble du territoire de l’est de Montréal.

« Tout le monde est d’accord pour dire que l’enjeu est majeur pour la CSPI et que nous devons l’aider. Comment on va s’y prendre, c’est autre chose », explique Mme Mancini.

Sylvia Lo Bianco, commissaire scolaire à l’EMSB pour Montréal-Nord et Ahuntsic-Cartierville, insiste : la commission scolaire de la langue anglaise doit venir en aide à la CSPI, mais pas au péril du centre Galileo. Elle s’insurge contre la façon dont le dossier est considéré par certains commissaires.

« Ils devrait venir pour comprendre l’écosystème en place ici, plaide-t-elle. Le centre est ici depuis très longtemps, il y a des formations spécialisées pour les jeunes et les adultes qui ont des besoins spéciaux, et on va tout détruire. »

Pour Sylvia Lo Bianco, la CSEM ne consulte pas suffisamment les parents alors « qu’on serait surpris des solutions proposées si on menait des consultations partout sur le territoire ».

La situation commence pourtant à être urgente puisque, comme le rappelle Mme Mancini, la CSEM « doit déménager des écoles, faire les démarches pour que les étudiants soient accueillis comme il faut en septembre 2019, et que la CSPI fasse le changement aussi de son côté. »

Une séance du conseil des commissaires doit se tenir prochainement pour évoquer cette affaire.