Montréal-Nord

Transfert d’écoles : des parents d’élèves en colère veulent sauver leurs établissements

Transfert d’écoles : des parents d’élèves en colère veulent sauver leurs établissements
Photo: Clara Loiseau

Plus d’une centaine de parents mécontents ont assisté lundi soir au conseil extraordinaire que la Commission scolaire English-Montréal organisait pour informer et consulter les parents après que le ministre de l’Éducation ait demandé le transfert de trois écoles à la Commission scolaire de la Pointe de l’Île.

Dans une lettre adressée aux Commissions scolaires English-Montréal et de la Pointe de l’Île, le 10 mai, le ministre ordonne qu’une solution soit trouvée avant le 10 juin. Cette lettre recommande également à la CSEM de transférer trois écoles à la CSPÎ soit les écoles primaires Gerald McShane et General Vanier, ainsi que le secondaire John Paul I.

Une annonce qui avait provoqué une vague d’indignations au sein commission anglophone. La présidente, Angela Mancini avait d’ailleurs expliquer ne « pas vouloir répondre au ministre tant que le conseil extraordinaire avec les parents » n’aurait pas eu lieu.

Lundi soir, lors de ce conseil, ce sont plus d’une centaine de parents d’élèves en colère qui ont assisté à l’évènement.

Quelques minutes avant le début de ce conseil exceptionnel, certains scandaient qu’il faut « sauvez [leur] écoles », brandissant de pancartes demandant au ministre de respecter les écoles anglophones.

Tension et incompréhension

Mme Mancini tente de rassurer les parents au début du conseil expliquant qu’il n’y a « pas de combat, car il y a des solutions qui peuvent être trouvées pour maintenir la santé des écoles ».

Un sentiment qui n’est pas partagé par les parents qui se succèdent au micro. Des parents qui sont dans l’incompréhension total. Giovanni Sardo, dont deux enfants sont à l’école primaire Gerald McShane, ne comprend pas « comment [ils] en sont arrivés là », et « pourquoi la commission n’a pas tenu de consultation avant alors [qu’ils] sont au courant depuis janvier ».

Beaucoup de parents ont partagé l’émotion que partageait Sylvia Spinello au micro. Mère d’un petit garçon élève à l’école primaire Gerald McShane, elle expliquait en retenant ses larmes que si son fils doit changer d’école, « on lui arrache quelque chose ». Pour elle comme pour plusieurs, « ce n’est pas seulement un bâtiment pour nos enfants, c’est une deuxième maison ».

Francesco Fortugno, président du conseil des parents à John Paul I, explique que les parents «feront tout pour arrêter» la fermeture des trois écoles qui ont été suggérées par le ministre Roberge.

Parents impuissant face aux tensions entre les commissaires

Ces parents montraient aussi leur grande déception face au travail de la CSEM. Une mère de famille clamait qu’il n’y a «pas de place pour la politique ici et qu’il faut d’abord penser aux enfants».

Or, la politique a encore pris le dessus lundi soir. Les tensions entre les commissaires se font ressentir. Précisant en début de conseil que le temps de parole est limité à 2 minutes par intervention, autant du côté des parents que du côté des commissaires, Angela Mancini, présidente de la CSEM, voit son vice-président Giuseppe Ortona lui tenir tête afin d’obtenir plus de temps. Il faudra attendre plusieurs minutes qu’un vote soit tenu pour que M. Ortona commence son discours qui durera plus de 30 min. Il explique se sentir « être un otage » et qu’il « ne donnera jamais sa bénédiction au ministre de prendre ces trois écoles ».

Certains parents clament que c’est à cause de ces tensions qu’aucune solution n’est trouvée. Mme Mancini expliquait hier qu’aucune décision ne serait prise cette semaine. Les membres de la commission vont devoir se mettre d’accord avant le 10 juin s’ils ne veulent pas que le ministre de l’Éducation impose sa décision de transfert d’école.

Plusieurs pistes ont été suggérées par les parents d’élèves hier soir comme la cohabitation des élèves anglophones et francophones, ou encore l’échange de l’école secondaire Lester B. Pearson et Jean-Grou. Le centre Galileo reste également au cœur des discussions, même si le ministre a déjà refusé cette solution.