Hommage au maire Yves Ryan
Je suis né à Montréal-Nord, mon épouse également. J’y ai grandi, j’y ai vécu toute ma jeunesse et une partie de ma vie adulte.
Pour tous les membres de notre famille, monsieur le maire Yves Ryan était un homme exceptionnel, qui avait à cœur le bien-être de tous ses commettants. Il était une personne d’un engagement total et d’un sens aigu du service public. Ce sont des valeurs qu’il a su mettre en pratique et qui m’ont grandement influencé et inspiré tout au long de mon parcours politique.
Pour le jeune homme que j’étais, monsieur le maire était omniprésent dans Montréal-Nord. Combien de fois l’ai-je vu, au volant de sa Mercury Grand Marquis, arpenter les rues de Montréal-Nord. Il appartenait corps et âme à sa communauté. On pouvait toujours faire appel à lui.
Je l’ai vu se mêler à ses concitoyens, encourageant jeunes et moins jeunes, à l’Aréna Garon, à l’Aréna Henri Bourassa, sur les terrains de baseball, de soccer… Et que dire de la célébration de notre fête nationale, le 24 juin, alors qu’il nous recevait tous sur le parterre de l’Hôtel de ville, agrémentant ce moment à la fois protocolaire et festif, de discours bien sentis qui avaient le don de soulever les foules de joie et de fierté.
Mon père se souvient également avec émotion de leurs nombreuses sorties et de la saine camaraderie qui régnait lorsque tous deux participaient au «Touring Club de Montréal ». Ils avaient alors 18 et 19 ans. Leur avenir était à peine tracé et le monde leur appartenait.
Je me souviens de lui avec admiration, l’ayant vu exercer un rôle de plaideur et tribun sans pareil, alors que j’étais président de la Commission des écoles catholiques de Montréal. Jeune avocat, j’étais à même d’apprécier ses qualités d’orateur alors qu’il défendait, avec toute la fougue qu’on lui connaît, un dossier qui tenait à cœur au milieu communautaire de Montréal-Nord. Il s’agissait du maintien de leurs bureaux au sein d’une ancienne école qui abritait les organismes communautaires, chef-lieu convoité par la Commission des écoles protestantes de Montréal. Il a su rallier à sa cause les 21 commissaires qui, unanimement, se sont rangés à ses arguments.
Oh combien j’ai apprécié le fait d’avoir eu le privilège de le connaître et de bénéficier de ces judicieux conseils alors que j’étais jeune député à l’Assemblée nationale du Québec. Je lui dois beaucoup et j’espère toujours être à la hauteur des espoirs qu’il fondait en moi.
Je me souviendrai de lui comme d’un homme public engagé, toujours prêt à aider ses concitoyens qu’il représentait avec honneur. Ces mêmes électeurs lui ont rendu affection et respect en l’élisant pour plusieurs mandats consécutifs, représentant près de 40 ans de vie publique à Montréal-Nord.
C’est avec fierté que le fils de Montréal-Nord que je suis tient à lui dire :
Mille mercis monsieur le Maire Yves Ryan. Puissiez-vous reposer en paix.
Avec respect, gratitude et affection,
François Ouimet
Député de Marquette et Vice-président de l’Assemblée nationale du Québec