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Une tragédie américaine résonne jusqu’à Montréal-Nord

Collin-Lalonde Anabel - TC Media
Une vingtaine de Nord-montréalais ont tenu à revenir sur la mort jugée injuste du jeune Américain Trayvon Martin. Un mois après qu’un citoyen qui patrouillait son quartier l’a abattu dans de circonstances douteuses, un groupe d’étudiants s’est réuni le 26 mars, au coin des rues Pascal et Lapierre, pour décrier le profilage racial dont l’adolescent aurait été victime.

Pourquoi le profilage racial est-il invoqué? Trayvon Martin était un jeune homme afro-américain de 17 ans qui rentrait chez lui à Standford, en Floride, un soir averse après s’être arrêté dans un dépanneur faire quelques provisions. George Zimmerman, un résident qui faisait une ronde de surveillance dans le quartier, l’a aperçu le capuchon relevé et a téléphoné à la police pour les alerter au fait qu’il suivait quelqu’un de suspect. Avant que celle-ci n’arrive sur les lieux, M. Zimmerman a tiré sur le jeune. Le citoyen dit avoir agi en légitime défense. Il n’a pas été arrêté ni inculpé pour cette affaire.

« On ne devrait pas être jugé sur notre allure », déplore Gabriella Garbeau, membre du syndicat étudiant du cégep Marie-Victorin. Comme bien d’autres, elle doute des intentions derrière l’intervention de M. Zimmerman.

Faisant référence au profilage racial, la jeune femme a quelques reproches à faire. « Ils [la police] ne reconnaissent pas assez le problème, avance-t-elle. Les gens ont peur du mot. » Elle souhaiterait voir une meilleure collaboration des policiers avec les citoyens et un désir d’apprendre à mieux les connaître. « Tout est dans l’approche, constate-t-elle. L’événement montre qu’il y a encore du travail à faire. »

Les étudiants qui ont dénoncé la situation de profilage raciale dans cette affaire font également partie de ceux qui manifestent contre la hausse des droits de scolarité depuis plus d’un mois. « Pendant la grève, on prend le temps de militer pour d’autres inégalités, soutient Gabriella. Ça prend un événement tragique comme celui-ci pour réveiller les gens. »

Même s’ils étaient peu nombreux à manifester dans les rues de Montréal-Nord, Gabriella a remarqué que beaucoup de citoyens aux alentours parlaient du cas de Trayvon Martin. « On s’est placé dans un coin de rue assez chaud, explique-t-elle. Il y a toujours une présence policière à cet endroit. »

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