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Les paroisses de Montréal-Nord en péril

Collin-Lalonde Anabel - TC Media
La vie pastorale à Montréal-Nord est à la veille d’une grande transformation. Les six églises sur le territoire ne se remplissent pas assez et coûtent trop cher d’entretien. Le 23 novembre, les paroissiens étaient appelés à prendre position sur la solution qui devrait être mise en place. Un consensus n’a pas été obtenu. La décision revient maintenant au Cardinal Jean-Claude Turcotte.

Depuis le printemps 2009, les paroissiens de l’arrondissement se questionnent sur l’avenir de leur lieu de culte. Les paroisses Saint-Rémi et Saint-Vital enregistrent d’importants déficits. Le toit de l’église Saint-Camille coule et l’église Saint-Vital nécessite des réparations majeures. La santé financière des établissements religieux est précaire et, conscients de cette réalité, les gens qui participent à la vie pastorale envisagent un nouvel avenir pour leurs paroisses.

À Montréal-Nord, la communauté catholique pratiquante a atteint un seuil très bas. Sur l’ensemble de la population, entre 2000 et 3000 personnes fréquentent les églises. Cela équivaut à un taux de pratique de 2,3 %. « Ce n’est pas le milieu où les gens se déplacent le moins », précise Monseigneur Alain Faubert. Néanmoins, un ajustement doit être fait. « S’il y eût un temps où les gens venaient vers nous, il est maintenant temps d’aller vers eux », estime-t-il.

Trois scénarios envisagés

En réponse à ces changements, un comité sur l’avenir des paroisses a été formé. Trois scénarios ont été élaborés. L’option « Foi » est dite plus progressive tandis que le l’alternative « Charité » a été qualifiée par certains comme étant « radicale ». Le scénario « Espérance » emprunte des initiatives aux deux options précédentes.

Le 23 novembre, un sondage d’opinions a été réalisé à l’église Saint-Vincent-Marie-Strambi. À deux reprises, les paroissiens se sont prononcés sur la solution qu’ils privilégiaient et à deux reprises, les scénarios « Foi » et « Charité » se sont affrontés.

Présentement, trois unités pastorales existent au sein des six paroisses. Saint-Camille et Sainte-Colette sont animés par une équipe pastorale. Le même curé célèbre la messe dans ces deux églises. Il existe donc déjà des liens d’entraide dans la communauté. Les trois scénarios envisagés proposent d’approfondir ces liens dans le but de relancer la mission de l’Église.

Alors qu’il est question de réduction d’effectifs, les paroissiens devaient distinguer le scénario qui privilégiera le bien collectif et non le bien de leur propre paroisse. « Nous sommes conscients qu’il y a des deuils à faire », nous dit M. Faubert.

L’option « Foi »

Le scénario « Foi » prévoit de diminuer le nombre de paroisses de six à deux, soit une à l’est et une à l’ouest. Il y aurait deux équipes pastorales et les églises Saint-Vincent-Marie-Strambi, Sainte-Gertrude, Sainte-Colette et Saint-Camille seraient conservées, sauf en cas de réparations majeures. L’église Saint-Rémi serait vendue, mais conserverait le droit d’y célébrer le culte pendant cinq ans. L’église Saint-Vital serait également vendue et à moins d’une vente à une communauté catholique, ce serait la fin du culte.
Une grande partie des paroissiens privilégie ce scénario. Il a été décrit comme étant celui qui nécessite le moins d’adaptation puisque la fermeture des églises serait progressive. Plus d’endroits seraient donc disponibles pour recevoir les citoyens qui désirent s’y engager.
Les paroissiens qui ne sont pas en faveur de ce scénario le qualifient de « statu quo déguisé ». Ils doutent que c’est un scénario qui tiendrait la route et préfèrent prendre une décision définitive.

L’option « Charité »

Le scénario « Charité » réduirait le nombre de paroisses à une seule. Il y aurait une équipe pastorale et les églises Sainte-Colette et Saint-Vincent-Marie-Strambi seraient conservées. Les églises Saint-Rémi et Saint-Vital seraient vendues au cours des deux prochaines années. Saint-Rémi conserverait le droit d’y célébrer le culte pendant cinq ans alors que Saint-Vital aurait la possibilité d’y célébrer le culte. Les églises Sainte-Gertrude et Saint-Camille seraient elles vendues d’ici cinq ans avec la possibilité d’y continuer le culte.
Au lieu de se départir de deux églises, ce scénario mettrait quatre églises en vente. Les critiques le trouvent trop drastique et s’inquiètent du fait qu’une seule équipe pastorale devra couvrir la superficie de Montréal-Nord. Ceux en faveur répliquent qu’il est le plus rassembleur. Il s’ajuste à la taille de la communauté catholique pratiquante et serait donc plus viable pour le futur.

Vers un consensus ?

Le 23 novembre, la parole a été donnée aux citoyens. L’objectif de la rencontre était d’atteindre un consensus. Ce qui s’est plutôt produit est une division parmi les paroissiens. Soixante membres ont privilégié le scénario « Foi » tandis que 52 membres ont appuyé le scénario « Charité ».

Monseigneur Alain Faubert a maintenant la tâche de partager ces deux choix au Cardinal Jean-Claude Turcotte. Celui-ci devra étudier les scénarios et choisira la direction que les paroisses de Montréal-Nord prendront.

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