Les employés du CSSSAMN dénoncent la mécanisation du travail
Le 25 septembre, les employés, munis d’une grande bannière sur laquelle on pouvait lire « CSSS Ahuntsic-Montréal-Nord inc. : non merci ! » se sont présentés au CHSLD Laurendeau, sur le boulevard Gouin Est, où étaient réunis les administrateurs du CSSSAMN. Ils en ont contre la gestion de type LEAN, qu’ils associent à du « toyotisme » appliqué en santé, que la direction voudrait implanter suite à l’embauche de la firme Pro Action.
Cette firme a été embauchée il y a huit mois par la direction afin d’optimiser les services au coût d’un demi-million, alors que le CSSSAMN présente un déficit budgétaire de 2,7 M$ pour l’année en cours, affirme Marjolaine Goudreau, présidente du syndicat local de l’Alliance professionnelle des techniciens et techniciennes en santé et services sociaux (APTS). Lors de leur manifestation silencieuse, les membres de l’APTS étaient accompagnés par d’autres travailleurs du CSSSAMN qui sont affiliés à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ).
« Nous nous étions déjà présentés à des séances du conseil d’administration pour poser des questions dans le passé, explique Mme Goudreau, mais nous avons toujours eu des réponses vagues et nébuleuses. Alors cette fois-ci nous avons décidé de demeurer silencieux. Après un moment, les membres du conseil d’administration ont décidé de décréter un huis clos et d’aller terminer leur séance dans une salle du sous-sol. »
La firme Pro Action a été embauchée par la direction du CSSSAMN afin d’optimiser les soins à domicile comme ce fut fait auparavant dans d’autres CSSS (Sud-Ouest/Verdun, Cavendish, Bordeaux-Cartierville, Pointe-de-l’Ile). Les syndiqués affirment que la volonté de la direction d’optimiser les services tend vers une mécanisation du travail calquée sur des modèles issus de l’entreprise privée, ce qui affecterait la qualité des services et l’autonomie professionnelle du personnel.
Listes d’attente
« Le 500 000 $ payé pour embaucher Pro Action, nous aurions préféré qu’il soit investi directement dans les services. Les listes d’attente ont baissé, oui, mais il y n’y a pas plus de services offerts pour autant. Il y a encore des personnes âgées qui attendent pour avoir de l’aide pour prendre leurs bains », se désole Mme Goudreau.
Le mandat de Pro Action, dont les consultants ont analysé de près les façons de faire des employés du CSSS afin de donner des conseils à la direction, serait sur le point de se terminer, poursuit la représentante syndicale, mais elle dit craindre qu’un nouveau contrat ne lui soit accordé comme c’est arrivé dans d’autres CSSS.
« Maintenant, nous devons vivre avec nos gestionnaires qui vont appliquer la méthode Pro Action, ce qui risque de se traduire par encore plus de tracasseries administratives et, en fin de compte, pas plus de services pour les usagers », conclu Mme Goudreau.