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Les grévistes font du bruit à Montréal-Nord

Collin-Lalonde Anabel - TC Media
Près d’une centaine d’étudiants du cégep Marie-Victorin sont sortis dans les rues de Montréal-Nord, le 27 février, pour réclamer l’accessibilité aux études universitaires. Dans leur marche jusqu’au bureau de la ministre de l’Éducation, Line Beauchamp, ils ont voulu réveiller les gens du quartier, qui seraient nombreux, selon eux, à être pénalisés si les droits de scolarité grimpaient.

« J’ai le droit de ne pas m’appauvrir pour aller à l’université », a lancé un étudiant qui participait au mouvement.

Depuis le 21 février, les cégépiens de Marie-Victorin sont en grève pour une durée illimitée. Rappelons qu’ils avaient voté en grande majorité en faveur de ce moyen de pression, le 8 février.

« Ça ne veut pas dire qu’on veut que ça dure trois ans, avertit Gabriella Garbeau, membre du Syndicat étudiant du cégep Marie-Victorin. On aimerait avoir des acquis le plus tôt possible. »

L’étudiante, qui a étiré sa formation technique sur quatre ans puisqu’elle devait travailler pour payer ses études, est d’avis que l’augmentation des droits de scolarité affectera directement la population de Montréal-Nord. « Les gens du quartier sont en colère, affirme-t-elle. Notre secteur est l’un des plus populeux et l’un des plus défavorisés de Montréal. Pour nous, l’éducation représente l’espoir. Si on n’y a pas accès, comment peut-on s’en sortir? »

Une manifestation interactive

La manifestation du 27 février est l’un des moyens que les étudiants du cégep Marie-Victorin ont trouvés pour partager leur position avec le reste de la population. Ainsi, armés d’un microphone, ils se sont fait entendre dans les rues de l’arrondissement. « C’était très interactif, avoue Gabriella. On n’était pas simplement là pour faire du bruit. On voulait que les gens nous voient et nous posent des questions. »

Bien qu’ils soient nombreux à être ouvertement contre la hausse des frais de scolarité, Gabriella est consciente que ce n’est pas toute la population étudiante qui partage cette prise de position. « Les gens « pour » alimentent le débat », dit-elle.

Pendant que tous les étudiants du Québec qui sont pour la grève affrontent le gouvernement libéral du Premier ministre Jean Charest, les nombreux étudiants du cégep Marie-Victorin en faveur de la grève posent des gestes stratégiques pour que leur école soit aussi considérée. Ils se sont d’ailleurs unis aux autres comités de la province lors de la manifestation étudiante à Québec, le 1er mars.

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