Élections : choc des idées
Rita de Santis (Parti libéral du Québec), Marianne Dessureault (Parti québécois), Will Prosper (Québec solidaire), Louis Pelletier (Coalition avenir Québec) et Nancy Lavallée (Option nationale) se sont réunis à l’auditorium de l’école secondaire Henri-Bourassa devant une centaine de personnes, à l’initiative de la Chambre de commerce et d’industrie de Montréal-Nord et du Guide de Montréal-Nord.
Lors de la première partie du débat, les candidats ont eu à se prononcer sur trois sujets chauds : le climat social de Montréal-Nord dans la foulée des émeutes de 2008, le développement d’importants projets de transport en commun et la revitalisation des secteurs industriels.
Les candidates du PLQ et du PQ ont semblé s’entendre sur le fait que beaucoup a déjà été fait pour améliorer le climat social, mais que le travail n’est pas terminé. La candidate d’ON et celui de la CAQ, cependant, ont semblé croire qu’il reste beaucoup à faire, entre autres pour contrer le profilage racial dont sont victimes de nombreux jeunes. Le candidat de QS, qui a grandi à Montréal-Nord, est aussi allé dans ce sens et s’est dit particulièrement touché d’aborder ce sujet dans une école secondaire située au cœur du quartier qui fut ébranlé par les événements de 2008.
Au sujet du transport en commun (TEC), peu de divergences entre les positions affichées, même si les moyens proposés pour améliorer le service différaient selon les candidats. Côté PQ, on a parlé d’électrification du TEC, du train de l’Est et de l’implantation des Bixi, tout comme avec ON dont la candidate a dit regretter qu’il n’y ait pas de station de métro ici. Le candidat de la CAQ a rejeté l’idée d’un prolongement du métro pour l’instant, vu l’état des finances publiques.
C’est à ce moment qu’il s’est enfargé dans sa langue et a parlé de « Montréal-Mort » plutôt que de Montréal-Nord, ce qui a jeté un froid dans la salle et offusqué certains citoyens.
Du côté de QS, ce sont les énergies renouvelables qui devraient être mises de l’avant dans ce dossier, en parallèle avec un changement du mode de scrutin, de façon à contrer la collusion et la corruption. La candidate du PLQ a dit que le prolongement du métro est un beau projet, mais qu’il faudra le caresser lentement et plutôt se concentrer sur les développements déjà entrepris.
Au sujet de la revitalisation du secteur industriel, tous ont semblé s’entendre sur la nécessité que l’opération se fasse en collaboration avec les propriétaires des nombreuses PME implantées sur place, chacun y allant de ses propositions de marche à suivre.
Débat courtois
Lors de la seconde du parti, qui a pris la forme d’un débat ouvert, les cinq candidats ont de nouveau fait s’affronter leurs idées, mais de façon courtoise, si ce n’est que de quelques pointes acérées lancées par le candidat de Québec solidaire envers celle du PLQ, celui-ci répétant avoir Montréal-Nord tatoué sur le cœur alors que Mme de Santis habite Outremont.
L’appui aux organismes communautaires ainsi que le financement d’un futur complexe sportif et communautaire, la construction de logements sociaux, l’accès à l’éducation dans un contexte de crise sociale et de grève étudiante, ainsi que la protection de l’environnement ont été au cœur des discussions lors de cette portion de la soirée.
Les positions des différents partis représentés, souvent bien différentes selon les dossiers discutés, ont été défendues par chacun des candidats qui ont ensuite eu à répondre aux questions de nombreux citoyens présents à ce débat qui aura finalement duré près de trois heures alors qu’on avait prévu qu’il en durerait deux.