Offrir l'histoire du Québec
«Elles ont connues un grand succès puisque nous avons toujours fait salle comble, et nous avons même dû refuser des gens. Ces conférences ont été captées puis diffusées sur la chaîne communautaire MaTV et l’on peut y accéder gratuitement sur Illico et les sites Web de la Grande bibliothèque et de la Fondation Lionel-Groulx.
«Depuis 2010, nous avons revu la mission de la Fondation Lionel-Groulx», poursuit Pierre Graveline. Rappelons que la fondation est située au 261, rue Bloomfield, à Outremont.
«Jadis centre d’archives, la Fondation Lionel-Groulx s’est donnée pour projet de faire la promotion de la connaissance de l’histoire du Québec et du fait français en Amérique du Nord. Pour cela, nous avons mis en place un certain nombre d’actions d’où est apparue, en 2011, l’idée de cette série autour de 10 journées qui ont marqué le Québec.»
«C’est donc à partir de tout ce travail que nous avons décidé d’en faire une édition de type « beaux livres », et le fait est qu’il l’est puisque c’est un produit abondamment illustré. Cet ouvrage est à la fois une mémoire et un prolongement de la série de conférences.»
«On a voulu retracer non pas les 10 journées les plus importantes de l’Histoire du Québec, mais de faire ressortir 10 journées marquantes dans cette même histoire. Il s’agit plutôt de raconter 10 périodes amenant à une date importante qui n’est en fait que le résultat de toute une histoire spécifique comme, par exemple, le vote des femmes, la notion d’indépendance, etc.»
«Cette approche nous permet également pour chacune de ces 10 histoires de faire ressortir les figures politiques ou sociales importantes et de retracer les moments majeures qui ont mené à cette journée-là.»
Javelliser l’Histoire
«Bien que notre devise soit « Je me souviens », il faut admettre que notre histoire québécoise s’oublie peu à peu et que les générations nouvelles, qu’elles soient immigrantes ou québécoises de souche sont en train d’oublier cette histoire», regrette Pierre Graveline, directeur général de la Fondation Lionel-Groulx.
«En 2006, il y avait eu une volonté manifeste de camoufler une partie de cette histoire et de javelliser le conflictuel et les mots. Ainsi la conquête est devenue un changement de régime et l’histoire des patriotes fuit désormais le nom même de Papineau. Or, cela n’est pas contradictoire.
Heureusement le nouveau gouvernement vise une réforme afin de revoir le contenu de ces programmes, ce qui permettrait de faire la distinction entre l’enseignement de l’Histoire et l’éducation de la citoyenneté.» «La vitalité démocratique d’un peuple exige qu’il connaisse son Histoire; comment s’intégrer dans la population d’accueil quand on est issu de l’immigration si on ne connaît pas son Histoire?» questionne Pierre Graveline.
«À bien des égards l’histoire du Québec est une histoire remarquable et il n’y a pas de honte à raconter son Histoire que personne ne remet en cause. On peut faire confiance à nos enseignants pour faire cette distinction, mais pour cela il faudrait leur fournir un contenu…»
Une idée-cadeau
«Pour l’ouvrage, nous avons pris pour chacune des journées des spécialistes de la thématique, des gens capables de la vulgariser et de ne pas en faire une démarche académique.»
«Coproduite par la Fondation Lionel-Groulx, Bibliothèque et archives nationales du Québec, les éditions VLB et le diffuseur MaTV, j’ai coordonné la préparation de ces conférences puis de l’ouvrage que nous avons voulu peu coûteux (environ 50$) afin d’en faire une bonne idée cadeau du temps des fêtes», termine Pierre Graveline.
«En tout cas, la maison d’édition y croit beaucoup, car c’est actuellement leur deuxième meilleure vente en catégorie Essai.»