Philippe Couillard, député d'Outremont
Les maîtres de cérémonie, animateurs de gala d’un soir, les deux anciens ministres Kathleen Weil et Pierre Arcand ont «chauffé la salle» en attendant l’arrivée de l’élu de la circonscription.
En quelque sorte, en ne participant pas à la course, le Parti québécois et la Coalition Avenir Québec, avaient donné cette élection la forme d’un second tour confirmant l’arrivée à la chambre de Philippe Couillard.
Annoncé comme une rock-star, Philippe Couillard est entré comme tel dans le sous-sol de l’église Notre-Dame-des-Neiges où l’attendaient les militants. Élu chef de son parti depuis peu, Outremont devient pour lui la première marche d’un poste de premier ministre potentiel.
«Je tiens à féliciter tous les candidats qui se sont présentés à cette élection et plus particulièrement Madame Édith Laperle qui a fait une belle campagne», a déclaré Philippe Couillard.
Effectivement, alors que le successeur de Raymond Bachand caracole en tête des suffrages avec 5582 votes soit 55,11% des votes exprimés, Édith Laperle fait un score tout à fait honorable avec 3264 votes soit 32,23%. C’est donc une vraie victoire pour Édith Laperle (Québec solidaire) qui ne cesse, élection après élection, de récolter des suffrages et augmenter son score personnel.
Les résultats
Les autres candidats arrivent loin derrière ces deux premiers. Julie Surprenant d’Option nationale totalise 677 votes (6,68%). Alex Tyrell du Parti vert du Québec cumule 384 voix (3,79%); Pierre Ennio Crespi du Parti conservateur du Québec, 145 suffrages (1,43%); Mathieu Marcil du Parti Nul, 0,58%; et Guy Boivin de l’Équipe autonomiste, 17 votes (0,17%).
«Je suis très heureux d’être le député d’Outremont, une circonscription où j’ai passé mon enfance et ma jeunesse», a dit Philippe Couillard à l’assistance libérale qui le célébrait.
«Et c’est dans cette même église que j’ai été baptisé. Je pense à cet homme, professeur d’université, et sa compagne nouvellement arrivée de France qui, ce jour-là, n’imaginaient pas que, 56 ans plus tard, le bébé qu’ils tenaient dans leurs bras dirigerait le plus grand parti démocratique du Québec.»
«Au Québec tous les rêves sont possibles. Nous sommes tous responsables de nos vies. Mais ça prend aussi de la chance. Il y en a eu deux pour moi: la première, c’est d’avoir à mes côtés mon épouse Suzanne qui m’a toujours soutenu. La seconde, c’est d’être dans cette nouvelle famille politique qu’est le parti libéral du Québec.»
«Je tiens aussi à saluer la présence de Madame Andrée Bourassa la compagne d’un de nos grands chefs, Robert Bourassa. Je l’ai vu, assise au milieu des bénévoles, prendre le téléphone et appeler les électeurs pour les convaincre de venir voter et de voter pour nous.»
«C’est selon moi une belle démonstration d’engagement et de militantisme. Par ailleurs, nous sommes le 9 décembre 2013 et cela me rappelle une autre date en hiver, le 2 décembre 1985 qui a vu la grande victoire de Robert Bourassa. Comme lui, nous allons ramener le Québec sur la voie de la justice et des libertés.»
Tirs nourris sur la CAQ et le PQ
Philippe Couillard a entamé alors une charge nourrie contre le gouvernement péquiste, «un gouvernement qui divise. Ce gouvernement est dangereux, il nous appauvrit, il nuit à la réputation du Québec. Nous allons élire un gouvernement libéral majoritaire qui va rebâtir le Québec pour tous les Québécois.»
«Nous sommes la seule alternative au Parti québécois. La CAQ n’est qu’une succursale du PQ; un vote pour la CAQ, c’est un vote pour le PQ !», a-t-il martelé sous les applaudissements de la foule. «Avec tous nos élus, nous travaillons sur un plan politique. Non pas un plan pour six mois, mais un plan pour quatre ans, pour diriger le Québec.»
«Parmi tous les dossiers que nous défendrons, il y a celui de notre grande métropole, une métropole du savoir, de l’innovation, de la culture, qu’il faut soutenir. Et nous défendrons l’unité du Québec et son identité, une identité pour tous les Québécois. Et j’ai le plaisir de dire ce soir à certains d’entre nous ici présents, vous n’êtes pas seulement chez nous, vous êtes… chez vous !»