Soutenez

Une maison démolie sans permis

Attachés à la valeur patrimoniale de leur ville, quelques citoyens et élus de Mont-Royal se sont indignés après qu’une maison de l’avenue Highfield ait été détruite en quasi-totalité, sans l’obtention d’un permis municipal à cet effet.

Marie-Pier Gagné

Selon ce qu’a pu apprendre L’Express, les propriétaires de la résidence située au 110 Highfield avaient reçu un permis pour construire un deuxième étage au garage déjà existant et une extension vers l’arrière de la propriété. Mais en juillet, les fonctionnaires municipaux ont découverts que la maison avait été démolie et que le permis octroyé initialement par la Ville et voté au Comité consultatif d’urbanisme (CCU) n’avait pas été respecté.

Selon la directrice générale de Ville Mont-Royal, Ava Couch, des problèmes sérieux de structures auraient amenés les propriétaires à revoir leurs plans. «En commençant leurs rénovations, les propriétaires se sont rendus compte que la structure de la maison était dangereuse. Ils ont donc décidé de procéder à de plus gros travaux que ceux qui étaient prévus au départ», explique-t-elle.

Mme Couch affirme que les propriétaires en question ont considéré demander un permis de destruction. «Les circonstances ont fait que cela n’a pas été fait. Les vacances, entre autres», défend-elle.

Sans vouloir commenter davantage, la directrice générale de la Ville a soutenu qu’une amende de 5000$ avait été remise aux propriétaires fautifs. La Ville ne poursuivra pas les propriétaires, mais une rencontre avec eux est prévue dans les prochains jours.         

Controverses au CCU

Le conseiller municipal Louis Dumont n’a pas ménagé les critiques envers le CCU, dans les dernières semaines. Et ce débat autour du 110 Highfield ne fait que raviver le feu. «Ça manque de sérieux dans ce comité-là, on vote pour n’importe quoi, n’importe comment», s’exclame-t-il.

Outré, M. Dumont a d’ailleurs mentionné à L’Express que l’architecte-conseil embauché par les propriétaires de l’avenue Highfield siège également au CCU.

Un fait qui a été confirmé par le maire Philippe Roy, ainsi que par la directrice générale, Ava Couch.

Toutefois, Mme Couch a insisté sur le fait que Michael Pitsas, l’architecte en question, s’était abstenu de voter sur les projets de rénovations concernant le 110 Highfield. Selon elle, si les travaux effectués ont passé outre le permis accordé, ce n’est pas une erreur de l’architecte. «C’est l’entrepreneur qui a démoli, ce n’est pas lui. Il ne s’occupe que des plans et c’est tout.»

Amendes plus importantes?

À la séance du conseil municipal du 18 août, plusieurs citoyens se sont présentés au micro, dénonçant des amendes trop clémentes dans des cas comme celui-ci.

Le conseiller Louis Dumont a demandé à ce que les contraventions soient revues à la hausse pour éviter que d’autres situations semblables se produisent.

Le maire Philippe Roy semblait appuyer cette idée et est même allé jusqu’à avouer que «5000$, c’est bien peu dans un cas comme celui-là.» L’élu a évoqué qu’une consultation publique aura lieu à l’automne et que ce sera le moment de poser un second regard sur l’ensemble des règles d’architecture et du patrimoine.

Confronté par des citoyens sur le rôle que la Ville aurait dû jouer dans ce dossier, M. Roy semblait n’avoir rien à reprocher à ses collègues. «On ne mettra pas un agent devant chaque maison au cas où un propriétaire déciderait de démolir sa maison illégalement, ça ne fait pas de sens, indique-t-il. C’est pareil quand un conducteur décide de conduire à 100 km/h dans une zone scolaire, on ne peut pas blâmer la ville à cause d’un seul transgresseur de la loi.» 

À lire également:

 

Maison démolie: Le propriétaire n’a rien à se reprocher

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.