Lettre à mon amie
Doux printemps quand reviendras-tu, pour faire pousser les feuilles, pour faire pousser les feuilles… (Air connu…) Non, non, c’est assez, je ne vous parlerai pas de température encore une fois cette semaine. Je vais plutôt vous parler de l’une de mes très bonnes amies. Elle vient tout juste de changer de statut social. Elle est grand-mère depuis quelques jours. J’ai le bonheur de connaître ce qu’elle découvre aujourd’hui, depuis deux ans.
Grands-parents… c’est la joie totale. Un plaisir pur qui vient nous chercher tout en dedans, dans les moindres recoins de notre âme. Maintenant avec les familles recomposées c’est quatre, même huit grands-parents pour deux ou trois petits-enfants, mais ce n’est pas le cas qui nous concerne. J’ai envie de dire à ma «chum» que ça s’apprend instinctivement être grands-parents. C’est si agréable d’apprivoiser et d’inventer cette nouvelle et si grande forme de relation. Tenir dans ses mains ce petit paquet d’amour et comprendre vraiment le sens de la vie. Ce sentiment de fierté qui nous habite entièrement. Être grands-parents, c’est assumer un amour inconditionnel, offrir une écoute et une présence. Construire petit à petit une complicité dans la limite du respect des règles parentales, règles qui ne sont forcément pas toujours les nôtres, heureusement.
Tu aimeras transmettre tes passions, tes rêves. Le plaisir de la vie au jour le jour. Tu as été une mère merveilleuse, une lionne qui protège son territoire, sa famille, son homme, ses petits, maintenant l’heure est venue de comprendre que la sagesse vient avec le poids des âges. Je pense que les enfants ont besoin plus que jamais de sentir qu’ils appartiennent à une lignée. La ligne que tu traces est un sillon d’amour et de respect. J’aime à penser que tu fais partie de ces femmes entières qui mordent dans la vie et qui en savourent toutes les étapes.
À l’automne de ta vie, un petit être vient te tendre les bras, la bouche en cœur et les petits poings serrés. Il ne connait pas encore la chance qu’il a, de t’avoir choisie. Il vit désormais en toi aussi. Lorsque que l’on connaît cette bénédiction d’être grands-parents, il nous arrive souvent d’être gaga. Je ne te donne pas d’exemples, je te laisse vivre tes propres expériences, les miennes ne sont pas piquées des vers, je t’assure. J’en parle à personne, mais disons que je suis assez nono avec ma petite fille, tu sais que nono ça veut dire grand-père en italien.
Un petit ange est entré dans ta vie et il est passé par la porte de ton cœur. Je sais la place qu’il prend déjà. Gâte-le, ça va si vite. J’ai hâte à nos prochains dîners tête-à-tête… de quoi allons-nous parler? Seule avec lui, dans quelques jours, en le berçant, la lumière tamisée, tu sentiras son petit souffle court et le regardant, tu auras le droit de pleurer, de pleurer de joie.