Des ateliers pour comprendre la marionnette
Depuis le 30 janvier et ainsi jusqu’au 1er mars, Magali Chouinard rencontre pas moins de 79 classes du primaire et du secondaire d’Outremont dans le cadre d’ateliers éducatifs. Cela en lien avec les enseignants d’arts plastiques parce qu’un concours de création de marionnettes étoffera les acquis des jeunes et récompensera leur créativité.
« Parmi les écoles impliquées au primaire, on retrouve le petit collège Stanislas, les écoles Saint-Germain, Buissonnière, Lajoie, Guy-Drummond », détaille Magali Chouinard. « Au secondaire, ce sont PGLO, Stanislas, Saint-Louis, ainsi que le Collège Français, et deux autres écoles situées dans le Mile-End. Je rencontre les enfants de la première à la troisième année du secondaire.»
« Il s’agit d’une introduction aux arts de la marionnette; des ateliers par niveau, à vocation éducative et très visuels avec photos et vidéos. Il est important de tracer le portrait de la création en art de la marionnette et de présenter par le fait même des compagnies de marionnettes. Le Théâtre de la Pire Espèce produit des spectacles pour les 13 ans et plus, sans oublier la compagnie Motus au Québec », rappelle Magali Chouinard.
« Que l’on parle de théâtre d’ombres, de théâtre d’objets la marionnette est une forme scénique où l’on manipule pour raconter une histoire et, par le truchement d’un objet, mettre en action et rendre vivant un personnage », poursuit Magali. « Qu’il s’agisse de gaines, de fil, de baguettes, de manipulations cachées où à vue, le principe de base de la marionnette, c’est de parler au regard. Pourquoi le public regarde la marionnette plutôt que le manipulateur ? Comment s’opère ce transfert de l’attention ? Et que dire du manipulateur lui-même qui peut être un simple technicien, un acteur voire un personnage… »
Un art majeur… pour les majeurs !
« Par ces ateliers, nous formons un public plus averti grâce à une préparation pédagogique. C’est un développement sur plusieurs années, nous entamons la deuxième. Nous voulons amener les jeunes à une compréhension de cette forme d’art-là. »
« Au même titre que la danse ou le théâtre, la marionnette est un art visuel, un art vivant toujours en recherche. Curieusement, l’art de la marionnette a trop souvent la connotation d’un art mineur… pour mineurs, alors qu’il s’agit d’une forme contemporaine qui allie à la fois une tradition ancestrale tout en étant sans cesse dans la création d’avant-garde sur la forme, sur le fond, le discours, les thèmes, l’approche, les techniques, etc. », développe avec passion Magali Chouinard.
« La marionnette est à la fois un outil d’expression puisqu’on en fait des festivals; un outil pédagogique puis qu’on s’en sert dans les écoles; et parfois un outil de thérapie puisqu’elle devient le messager entre le souffrant et son soigneur. »
« La poésie ne rythmera pas l’action, elle sera en avant », écrivait Arthur Rimbaud à Paul Demeny dans sa lettre du Voyant le 15 mai 1871. Casteliers, trois jours par année, paraphrase le poète…