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Et pourquoi pas ?

Joanny-Furtin Michel - TC Media
« C’est la crise des accommodements raisonnables qui m’a amené à vouloir faire une œuvre pédagogique, mais en toute humilité, pour apporter des réponses pour démystifier », explique Lise Ravary qui vient de publier « Pourquoi Moi ? Ma vie chez les Juifs hassidiques » aux éditions Libre Expression dans lequel elle raconte son parcours d’incroyante vers le judaïsme orthodoxe.

« Je vais possiblement trahir une certaine pudeur que m’a enseignée le judaïsme qui invite les gens à vivre et laisser vivre. Les juifs ont été pas mal échaudés par ce que les autres ont raconté sur eux. J’ai donc fait tout un travail de vérification et de contre-vérification. »

Éduquée chez les religieuses, longtemps rédactrice en chef de magazines, désormais journaliste indépendante, « autrefois, je disais que le doute était ma seule religion. Aujourd’hui je me réjouis d’avoir adopté une religion qui laisse la place au doute », écrit-elle.

« Le mystère nous fascine et celui des Hassidim intrigue. Mais à Outremont, s’ils ne portaient pas leurs vêtements noirs, s’ils étaient aussi orange que les bouddhistes, est-ce qu’on les trouverait cool ? » questionne-t-elle.

Selon Lise Ravary, certains s’objectent quant à l’approche des juifs hassidiques sur la vie dans la société civile. « Il ne faudrait pas que les choses virent à l’obsession. L’extrémisme des propos ronge la crédibilité du message », résume-t-elle.

« Les phénomènes religieux m’ont toujours intéressé. Paradoxalement, il existe une certaine animosité de la part des juifs laïcs qui ont des relations problématiques avec les ultra-orthodoxes, parce qu’en même temps ils comptent sur eux pour préserver une part de leur héritage culturel et transmettre la judéité. Beaucoup d’entre eux font d’ailleurs des dons importants à des organismes religieux. »

Selon les chiffres du recensement de 2001, la communauté juive de Montréal avoisine les 93 000 membres soit près de 3% de sa population. « Les Hassidim représentent 10 à 12% de cette communauté », détaille l’auteure.

« Il y a les juifs, les juifs orthodoxes et les hassidim. En hébreu, Hassidim signifie les pieux. Cette frange ultra orthodoxe du judaïsme est née au XVIIIe siècle en Europe centrale, notamment en Russie et en Pologne. Les noms des communautés hassidiques tiennent souvent leur nom de leurs villes d’origine. »

Lise Ravary raconte avec un style propre à elle et teinté d’humour comment s’est passée sa conversion. « Il y a des cours à suivre. J’ai du me trouver une  »famille d’accueil » pour cheminer, suivre les 14 fêtes religieuses annuelles et participer à tous les moments de pratique, lire les prières en hébreu. Et, surtout, faire preuve de sincérité envers moi-même; savoir si je faisais cette démarche pour le ciel ou pour moi, sans vouloir en retirer des bénéfices personnels… »

« 613 commandements régissent la loi juive : 365 négatifs comme autant de jours dans l’année, et 248 positifs comme autant d’os et d’organes dans le corps, définissent une loi de vie, très minutieuse dans les détails. Dans les mouvements intégristes, il s’agit de leur Code civil. »

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