Quand Pierre-Laporte compose pour l’OM
Les élèves sont conscients de leur chance et ils profitent à plein de cette expérience. La pièce de cinq minutes est inspirée du Joueur de triangle, un roman écrit par Nicolas Gilbert qui est également compositeur. Celui-ci passe régulièrement en classe pour prodiguer ses conseils aux élèves.
«On peut comparer une pièce musicale à une pièce de théâtre. Les cordes sont toujours présentes et constituent le décor. Les vents et les percussions sont les personnages », explique-t-il.
« Si les cordes se taisent, il faut une raison, il faut que ce soit un moment très spécial. Les cordes étant omniprésentes et nombreuses (35 à l’OM), il faut aider les autres instruments à se faire entendre », poursuit le compositeur. « Plutôt qu’une seule flûte, on en mettra deux à l’unisson. Ou encore deux flûtes et deux clarinettes. »
10% d’inspiration, 90% de transpiration
Toutes les semaines, les élèves se rencontrent et travaillent au projet. Réunis en groupes de cinq ou six, ils gribouillent des carrés, des triangles, parfois des flèches. Ils remplissent des partitions, raturent, effacent, se grattent la tête et recommencent. D’autres poursuivent par essais et erreurs en pianotant sur les claviers.
Les enseignants, Sylvain Houle et Claude Maheu, ainsi que Nicolas Gilbert, déambulent d’un groupe à l’autre. Ils posent des questions, formulent des suggestions et font des mises en garde. Dans toute la classe l’énergie est palpable :
« On a besoin d’un crescendo…
– C’est bien du 4/4 ?
– Il manque de notes !
– Une quinte, c’est facile… bien, pas toujours. »
Musique en tablette
On noircit du papier, mais plusieurs ont avec eux une tablette électronique sur laquelle se trouvent des partitions. L’appareil facilite les copier-coller et les modifications. Il permet également d’écouter immédiatement les compositions. La tablette n’est pas le seul outil technologique dans la classe. C’est en effet sur un tableau blanc interactif que Claude Maheu y enseigne la théorie musicale.
Pendant toute la durée du projet, les élèves n’entendront jamais leur composition. Ils pourront l’imaginer ou encore en simuler des extraits à l’aide de logiciels. Mais dans les faits, leur composition n’existera, pour vrai, que lorsque les musiciens de l’OM joueront du violon, souffleront dans leurs clarinettes et feront tinter le triangle. Ça ne durera que cinq minutes, mais quelles cinq minutes ce seront!
L’OM interprètera leur pièce à quatre reprises :
– Le mardi 23 avril à 19h30, à l’église Saint-Sixte à Saint-Laurent.
– Le jeudi 25 avril à 10h et à 19h30, à la Maison symphonique de Montréal.
– Le samedi 27 avril à 20h à la salle Désilets du cégep Marie-Victorin.
D’ici là, on peut prendre connaissance de l’avancement du projet en lisant le blogue du Joueur de triangle.
Un programme hors de l’ordinaire
Le programme de musique de l’école Pierre-Laporte admet tous les ans une trentaine d’élèves qui doivent préalablement passer une audition. La classe est divisée en quatre : vents, cordes, guitare et piano.
Une fois qu’il a choisi son instrument, l’élève le conserve jusqu’à la fin de son secondaire. Tous ne deviendront pas des musiciens professionnels, mais tous auront développé le sens de l’effort et de la discipline, participé à des projets exceptionnels et terminé leur secondaire avec en prime une solide culture musicale.
Il est toujours le temps de s’inscrire. Des auditions au programme de Musique auront lieu le 9 février. On doit s’inscrire à l’avance. Pour information, contacter François Lebrun au 514 739-6311, poste 6143 ou francois.lebrun2@csmb.qc.ca.
(Source: CSMB)