Léo tourne à PGLO
« J’avais eu l’occasion de rencontrer Pierre Anthian, le fondateur de la Chorale de l’Accueil Bonneau, lors de la campagne électorale », raconte Léo Bureau-Blouin. «Et quand il m’a parlé de son projet, je ne pouvais pas refuser d’y participer pour une courte scène comme l’ont fait beaucoup d’autres avant moi.»
La carrière cinématographique du jeune homme politique (21 ans !) aura commencé sur le perron de l’école PGLO, avenue Bloomfield, dans le rôle d’un professeur qui, en sortant de l’école, aperçoit un itinérant (Michel Viau) qui tente d’apercevoir les jeunes héros du film à travers une fenêtre de classe :
« Vous attendez un enfant, demande le »professeur » Léo.
– J’ai toujours été de même, répond Michel en caressant son ventre bien rond.
– Vous ne pouvez pas rester là, il faut partir », insiste gentiment l’enseignant.
Le jeune élu se sent concerné par le problème de l’itinérance. « On en recense près de 30 000 dans le grand Montréal. Des maisons existent comme l’Accueil Bonneau, ou L’Aviron sur le boulevard des Laurentides à Laval, un problème qui touche des couches sociales de plus en plus jeunes et selon des problématiques plus complexes qu’un simple accident de parcours financier, comme la maladie mentale, les dépendances, etc. »
« Ce film aura le mérite de mettre en lumière une partie de ce problème, moins vendeur que d’autres causes. Le film permettra aussi de financer des projets de retour sur le marché du travail ou pour aider certains d’entre eux au moins jusqu’à l’âge de bénéficier, entre autres, d’une retraite. »
Un film choral… inspiré d’une chorale
Originaire de Pau dans le Béarn, Pierre Anthian a fondé la chorale de l’accueil Bonneau il y a 17 ans, presque dès son arrivée au Québec où il a immigré… par amour. Prothésiste dentaire de métier, ce papa de deux enfants a grandi aux pieds des Pyrénées.
« Ma mère accueillait souvent des sans-abris à la maison qu’elle avait rencontrée dans la journée. Nous avons ainsi partagé nombre de repas avec des inconnus. On a été chanceux, il n’y a jamais eu de problème alors que nous étions encore jeunes, ma sœur et moi.»
«Travailler dans le communautaire a toujours été pour moi une continuité naturelle; cela fait partie de ma vie et lui donne un sens. J’ai eu la chance de choisir ma vie et je suis un homme heureux. Je ne peux pas concevoir de garder cela pour moi, mon bonheur n’est pas plein si ne le partage pas », résume le chef de chœur devenu réalisateur.
On l’a assez dit, l’itinérance n’est pas un choix. Le scénario original du film est donc écrit à partir des histoires que les gars de la chorale ont vécues. À ce jour, 52 gars sont passés par la chorale. Bon an mal an, ils sont entre 10 et 22 chanteurs réguliers à y participer. »
« J’aurais pu faire du basket-ball au départ. Ce n’était une question de musique, mais tout le monde chante au Québec, c’est très bien. La chorale est une structure très démocratique, en continuité avec la thérapie par l’Art. Et puis les concerts sont une belle tribune pour les bénévoles et les missions de l’organisme. »
« Depuis le début du tournage (en 2004!), le scénario de Recyclage n’a cessé d’évoluer au fur et à mesure que les personnalités acceptaient d’y participer », admet Pierre. On y verra ainsi, et entre autres, le regretté Marc Favreau (1929-2005) dans son rôle de Sol, le clown-clochard, et même un premier ministre en exercice à l’époque, Jean Charest et son involontaire complice, Jean-René Dufort, et bien d’autres.
« Personnalités, techniciens, loueurs, etc., ils sont 329 bénévoles, Léo compris, qui auront généreusement donné de leur temps et surtout leur talent pour réussir un projet aussi fou», remercie Pierre Anthian.
« Le film sera projeté en face du journal L’Itinéraire sous le pont Jacques-Cartier entre Sainte-Catherine et Maisonneuve au printemps. Et nous ferons un »Tapis vert », notre version du »Tapis rouge » avec tous les acteurs du film.»
Le rendez-vous est pris !