Le CCU sur la sellette
«Comment avoir l’information avant les prises de décision du conseil car les citoyens ont une ignorance complète des travaux du CCU», a questionné Louis Dumont. «Leurs réunions pourraient-elles être publiques?»
«On a coupé deux arbres en santé pour permettre une spéculation», a avancé M. Chaloux. «N’y aurait-il pas moyen de placarder des avis d’information comme on le fait en Europe lorsque des travaux se préparent?»,
«Comment un comité de citoyens d’ici a pu accepter certains projets comme le Monatino ou la maison à côté de l’école Pierre-Laporte», a demandé André C. Gauthier. «Existe-t-il une possibilité de renverser une décision? Y a-t-il un urbaniste dans ce comité-là? On a l’impression que le conseil municipal a peur de prendre des initiatives pour contester les décisions du CCU.»
Le maire Philippe Roy a répondu qu’il était d’accord avec l’idée de rendre ça plus ouvert. Toutefois, il a rappelé que le CCU est le seul comité de citoyens obligatoire et qu’il est régi par des lois du gouvernement du Québec quant au nombre de ses membres et leurs rôles et de ses règles de fonctionnement.
«Il n’y a pas d’urbaniste au sein du comité. Mais trois architectes y siègent dont l’expertise conseille et complète l’avis des autres membres du comité composé de citoyens et d’élus de Mont-Royal.»
Ce comité consultatif doit statuer selon des critères précis de volume, d’espace, de voirie, de sécurité et, dans une moindre mesure, d’esthétique. Cette donnée, si elle est de loin la plus souvent mise sur la table par les contestataires, reste toutefois très aléatoire, voire personnelle. Ainsi, l’idée de rendre publique les séances du comité consultatif d’urbanisme amènent d’autres questions.
«Parmi les décisions que le CCU doit prendre, il est question quelquefois de réaménagement de cuisine ou de salon. Je ne suis pas convaincu que certains citoyens aient très envie qu’une réunion publique statue sur leurs choix d’aménagement intérieur et privé», a commenté le maire Philippe Roy.
Parmi les autres questions du public, Claude Demers a demandé au conseil municipal d’être plus transparent et de mieux travailler les communications avec les citoyens. Un message bien reçu par les élus. Johanna Avinatis souhaitait qu’on rende publique sur le Web les séances du conseil municipal.
«La mise en place d’une telle procédure risquerait de limiter la présence des citoyens lors des séances du conseil. Nous préférons que les citoyens se déplacent aux réunions pour poser leurs questions directement aux élus et à l’assemblée des citoyens», a répondu le maire.
Une attaque insidieuse
«À Mont-Royal, on fait du copier-coller. Qui s’occupe de créativité et d’inventivité?», a relancé André C. Gauthier en regrettant le manque de participation de la ville à l’occasion des Journées de la Culture.
Puis le citoyen a commenté le passé professionnel de Me Philippe Roy lorsqu’il travaillait, il y a quelques années déjà, comme avocat dans une firme de relations publiques dont certains clients ont été interrogés récemment lors des enquêtes liées au monde de la construction.
À la première partie de la question, le maire Roy a rappelé les nombreuses activités et initiatives créatives et inventives des célébrations du centenaire de la ville en 2012. Puis, quant à la seconde partie de la question, il a déclaré: «cela fait huit ans que je m’implique en politique. Personne ne fait cela pour gagner plus. C’est la première fois que je suis attaqué personnellement sur mon travail professionnel.»
«Je trouve totalement inadmissible qu’on le lie à mes fonctions politiques. Ici, dans ce conseil, il y a juste du monde de bonne volonté qui consacre beaucoup de temps et d’énergie au bien-être de nos concitoyens. Je trouve donc le fait de m’attaquer sur mon travail professionnel et donc ma vie personnelle, ce qui touche aussi mes enfants, très très »cheap ».»
Ce commentaire a clos la séance du conseil dans une ambiance pesante. Le maire s’est ensuite approché du citoyen pour étoffer son commentaire et finir de s’expliquer. Une conversation qui s’est achevée courtoisement, mais fraîchement…
(À suivre…)