Chants Libres crée Alexandra
Après Arias en 2011, un grand spectacle rétrospectif qui soulignait les 20 ans de Chants Libres, la compagnie lyrique de création présente son 14e opéra, Alexandra.
Ce »road opéra », chanté en français, s’inspire du destin hors du commun de l’exploratrice française Alexandra David-Néel qui a parcouru les plus hauts sommets du monde dans des conditions extrêmes. Ayant vécu de 1868 à 1969 soit cent un ans, elle fut tour à tour, cantatrice, journaliste, féministe, bouddhiste, écrivain, philosophe et surtout exploratrice.
Alexandra retrace l’expédition à la fois dangereuse et clandestine que cette exploratrice hors norme a effectuée en 1924 au Tibet jusqu’à Lhassa, capitale interdite, en compagnie du jeune lama Aphur Yongden, qui deviendra son fils adoptif. Après un périple de plus de 3 000 kilomètres à travers l’Himalaya, elle fut la première femme occidentale à séjourner dans la ville sainte.
«L’épopée d’Alexandra offre une leçon de courage, de curiosité et de persévérance. Sa devise : Marche où ton cœur te mène et selon le regard de tes yeux. Elle a voulu aller au bout de sa vérité, toujours plus loin, se dépassant sans cesse elle-même…», commente Pauline Vaillancourt, directrice artistique et metteure en scène.
Jessica « Alexandra» Wise – Soprano
Le personnage d’Alexandra est incarné par la soprano Jessica Wise, le rôle de la narratrice par la soprano Pauline Vaillancourt et celui de son fils adoptif, Aphur Yongden, par le ténor François-Olivier Jean.
Les Monterois qui fréquentent l’église unie de Mont-Royal (Mount Royal United Church) connaissent au moins sa voix puisque, depuis 9 ans, Jessica chante comme soliste aux offices du jeudi soir et du dimanche matin.
Originaire de Prince-George en Colombie-Britannique, elle a étudié au Nouveau-Brunswick, avant de rapidement s’établir au Québec pour obtenir sa Maîtrise en chant à McGill. Jessica Wise est réputée pour la profondeur de ses interprétations et l’intensité qui la caractérise sur scène.
Passionnée de musique contemporaine pour laquelle elle affiche une sensibilité toute particulière, Jessica a prêté sa voix, son timbre et son talent à plusieurs jeunes compositeurs. Dans un registre vocal plus traditionnel, Jessica a interprété des rôles comme Fiordiligi (Così fan tutte), Rosina (Le Barbier de Séville), Antonia et Giulietta (Les Contes d’Hoffmann), etc.
«Pauline Vaillancourt trouvait que j’avais plusieurs traits de personnalité en commun avec Alexandra David-Néel pour me proposer ce rôle. C’est la première fois que je participe à la création d’un rôle pour Chants Libres, et qu’on le développe en cours d’apprentissage puisque le livret nous est donné page à page selon l’avancée de la partition: une partie à la fin janvier, l’ensemble fin mars. Si le livret est pas mal complet, la musique s’ajoute peu à peu en intégrant les dernières scènes.»
Barah Héon-Morissette, percussionniste
Née à Outremont, Barah a suivi sa scolarité à l’école Pierre-Laporte. Élevée dans une famille d’artistes visuels, «la course permanente aux subventions, j’ai toujours vécu avec ça», sourit-elle. «J’ai compris très jeune que si je voulais vivre de ce que j’aime, il fallait »créer mon propre emploi ». J’avais commencé par apprendre la flûte traversière, puis vers 15 ans j’ai découvert les percussions auprès d’Evelyn Glennie, une percussionniste virtuose écossaise… sourde de surcroit.»
Cofondatrice avec MariEve Lauzon à la flûte et Louise Campbell à la clarinette de l’ensemble In Extensio en 2005, Barah Héon-Morissette est titulaire d’une maîtrise de l’Université de Montréal en interprétation d’oeuvres contemporaines.
Actrice remarquable de la création musicale et artistique, dotée d’une grande versatilité, Barah Héon-Morissette œuvre à la fois sur la scène musicale contemporaine et dans les milieux de diffusion en arts visuels, augmentant constamment son répertoire d’oeuvres nouvelles et de projets artistiques éclectiques.
«Le rapport à l’espace et au son me fascine, et je me questionne sur la place du public dans ce double espace, puisque chaque concert est une expérience globale dont il faut renouveler la formule.» Une démarche qui l’amènera à développer un nouveau langage gestuel sur un instrument audionumérique. «Je brasse de l’air pour le faire sonner», dit-elle en boutade, pour résumer le doctorat qu’elle prépare.
Alexandra de Zack Settel, sur un livret de Yan Muckle, mis en scène par Pauline Vaillancourt, selon une scénographie de Jocelyne Alloucherie.
En première mondiale du 15 au 19 mai à 20h, à l’Usine C.
Billetterie: 514 521-4493 / Admission.com www.chantslibres.org