Le comité aviseur : un espace de parole évolutif
Avant qu’il n’ait fait couler trop d’encre et créer trop de polémiques, la conseillère a rencontré L’Express d’Outremont pour expliquer les choix qui ont motivé la constitution de ce comité.
« J’étais touchée déjà par les nombreux messages sur les relations difficiles, problématiques, tendues parfois entre les communautés de l’arrondissement. J’ai proposé de présider et d’initier des démarches, comme un dernier recours, afin d’essayer d’harmoniser, de rendre le climat plus serein parce que je ressentais une sensation d’urgence. »
Architecte de formation, Ana Nunès travaille dans le développement durable auprès de la Régie du bâtiment du Québec à la Direction de la normalisation et de la qualification. En politique municipale, elle est membre de la commission sur le développement social et la diversité montréalaise. Elle connaît la chanson en termes d’animation de groupes d’intérêt, de réflexion et de parole liés à l’intégration.
« Depuis les élections de 2009, en raison de l’essoufflement des bénévoles nous avons choisi de changer la dynamique des comités de citoyens et de les mettre en place par projet et moins par thème, une manière d’innover la formule. Mais selon certaines conditions comme choisir les membres et sélectionner certaines expertises autour des droits de la personne, de l’éthique comme outil de travail, d’une expertise en travail international et d’une expérience de terrain. »
Faciliter les échanges
« Je souhaitais que ce comité ait un regard humaniste, une approche philosophique pour questionner la problématique et son approche. Pour cela, il fallait des gens de cœur, et un oeil externe pour sortir de l’émotivité et avoir une approche cartésienne du sujet. Oui, mon groupe serait un groupe plus intellectuel afin que les gens discutent autour des relations entre les communautés. Il s’agit d’émettre une opinion et de proposer des pistes de solution »
« Nous avons eu une première rencontre le 22 mai, une rencontre de débroussaillage, pourrait-on dire. Je la voulais la plus ouverte possible afin de laisser les gens présents libres de s’organiser et de mettre en place leur approche. Il faut que ces séances de travail soient une période agréable, pas une corvée. Lors de cette première rencontre, nous avons procédé à un »brainstorming » de naissance, pour tester les réactions et la synergie. »
« Ma fonction au sein du comité aviseur, c’est de faciliter les échanges. Le comité va fonctionner par thèmes. Ainsi, le 18 juin, il s’agissait d’aborder les parades et des processions en invitant entre autres les différentes communautés religieuses (russes orthodoxes, maronites, hassidim, arméniennes, etc.) »
Un comité évolutif
La formule de constitution de ce comité aviseur n’a toutefois pas créé l’unanimité. « Dès ma proposition de présider la création de ce comité, il y eu un bassin suffisant de gens qui se sont signifié de façon spontanée pour en faire partie. J’avais beaucoup de personnes de qualité et j’ai beaucoup avancé entre les deux conseils. Il a fallu arrêter un nombre de participants pour commencer à travailler. Le mode même du fonctionnement du comité, c’est une structure qui va évoluer par ses membres. Les rencontres seront thématiques afin de laisser l’espace de parole le plus ouvert possible. »
« Ce comité est fondé pour une période de deux ans, au rythme d’une réunion par mois au besoin, voire plus », précise la conseillère Nunès. « C’est un comité évolutif, et nous n’en sommes qu’aux sessions de démarrage. Il ne faut pas oublier que ce sont des bénévoles et que tout investissement risque, par le fait même, de s’essouffler. »
« Dans ce sens, nous voulons éviter de tout organiser et programmer d’avance pour ne pas limiter la créativité de ce comité, afin de permettre un niveau d’expression de très haute qualité. Les membres du comité souhaitent faire des recommandations et conseiller la population. Il ne faut donc pas créer des attentes. »
Les membres du comité aviseur
Présidé par Ana Nunès, le comité aura le soutien de Nahed Koussa, conseiller aux communautés interculturelles auprès de la Ville de Montréal. Quant aux membres, la conseillère du district Jeanne-Sauvé les présente.
« On connait bien l’expertise en relations communautaires de Francine Unterberg, présidente du Comité de jumelage, qui agira comme secrétaire du comité aviseur. Claudio Zanchettin est philosophe, Guy Archambault a œuvré longtemps en diplomatie. Denis Demers est ingénieur forestier de formation. Présentement au CCU (Comité consultatif d’urbanisme), j’ai toujours apprécié son apport en recherche de solutions, notamment dans les groupes liés au développement durable où je l’ai rencontré. Prof à l’Université de Montréal, Katherine Frolich travaille sur les inégalités d’accès aux soins de santé. Graham Carpenter vient du cabinet de Thomas Mulcair. Me François Dupin est un spécialiste des droits de la personne; Leila Marshy, une des fondatrices des Amis de Hutchison; et Mindy Pollack est une vulgarisatrice des mœurs hassidim. Enfin, Paul-Guy Duhamel que j’ai approché personnellement dans le cadre du développement durable pour sa grande autorité et son articulation proactive. »