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Sauver l’Ursus maritimus!

À l’occasion du Jour de la Terre, il est bon de se questionner sur nos actes quotidiens et leurs conséquences au-delà de nos simples frontières. Or le réchauffement climatique réduit l’espace de vie des ours polaires, dont la majeure partie est… au Canada.

Si l’on oublie le sirop d’érable et la neige, quelle autre association à notre drapeau, venue des quatre coins du monde, pourrait-on faire? Véritable symbole canadien pour l’étranger et partie intégrante de notre patrimoine naturel, l’ours polaire fait partie de l’identité et de l’histoire canadienne. Cependant, son destin semble s’assombrir peu à peu.

Si les préoccupations liées à la protection de l’espèce sont présentes depuis 1973 avec l’Accord sur la conservation des ours blancs, signé par les pays dont le territoire est aussi celui de ces mammifères des neiges, aujourd’hui les préoccupations sont doubles.

Le Canada fait évidemment partie des signataires, et pourrait même être placé en chef de file avec 15 500 ours polaires à son actif, soit environ 60% de la population mondiale d’ours blancs, faisant du territoire canadien leur première terre d’accueil.

Celle-ci s’étend des régions glaciaires du Yukon et de la mer de Béring, jusqu’à Terre-Neuve-et-Labrador, et depuis l’île d’Ellesmere, au Nunavut, jusqu’à la baie James au sud, y compris dans les régions côtières du nord de l’Ontario et du Québec.

Divisés en sous-populations en fonction de leur position géographique, il en existe 14 au total, dont trois se trouvent au Québec. Celle de la baie d’Hudson a décliné de 22% au cours des deux dernières décennies, chiffre qui a commencé à tirer la sonnette d’alarme chez le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.

En effet, le phénomène n’étant pas spécifique à cette sous-population, mais plutôt global, ce dernier a revendiqué l’attribution du statut «d’espèce préoccupante» à l’ours blanc du Canada en 2002 et de nouveau en 2008.

Un risque élevé de déclin

Ce n’est que très récemment que cette recommandation a été entendue. Ce statut ne lui a été accordé qu’en novembre dernier par le gouvernement Harper. Celui-ci prévoit la construction d’un plan de gestion pendant trois ans afin d’atténuer l’impact des activités humaines sur l’espèce. Dans le décret, la chasse est établie comme principale menace à la sauvegarde de l’espèce.

Les chercheurs ont jugé que les changements climatiques ont été largement sous-estimés et affirment qu’il s’agit de la principale menace qui pèse sur l’avenir de l’espèce. Quatre des 13 sous-populations du Canada (27% des ours blancs du pays) ont un risque élevé de déclin d’ici une quarantaine d’années, attribuable en grande partie aux changements climatiques, mais également aux exploitations non-durables.

Une recherche menée par le gouvernement américain a stipulé que les deux tiers des ours polaires pourraient disparaitre à cause de la fonte des banquises.

Coca-Cola milite d’ailleurs aux côtés du Fond mondial de la Nature à travers sa publicité récente qui pointe du doigt les changements climatiques ainsi que la préservation de l’espèce et de son habitat. La firme prévoit un don de deux millions de dollars sur cinq ans à l’organisme pour soutenir les efforts de conservation. Plus symboliquement, elle a même transformé ses cannettes en cannettes blanches. Symbolique peut être, mais geste fort qui démontre son engagement.

(Juliette Vacherie)

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