Transport Romm : une petite entreprise qui voit grand

Transport Romm : une petite entreprise qui voit grand
Photo: (Photo: Avenir de l'Est – Delphine Bergeron)

Julie Moreau n’a que 28 ans et vient d’accéder au rôle de présidente de Transport Romm. Cette diplômée en administration des affaires dirige la vingtaine d’employés de la compagnie de transport de Montréal-Est fondée par son défunt père.

«Je m’acclimate à mon nouveau rôle», explique la jeune cheffe d’entreprise, qui a grandi au sein de Transport Romm. Elle y a travaillé dès son plus jeune âge; avec des tâches simples dès 12 ans, comme désherber le terrain, puis comme commis de bureau à l’adolescence, au service à la clientèle, à la gestion.

«Mon père était un vrai entrepreneur, plus grand que nature, un travailleur acharné qui m’a laissé quelque chose de beau entre les mains.»

— Julie Moreau, présidente de Transport ROMM

Marc Moreau est décédé de manière subite d’une crise cardiaque en janvier dernier, à 58 ans. «La veille, il gardait ma fille», explique Julie, pour illustrer le départ prématuré de son paternel. Sans plan de relève pour céder la compagnie familiale, Julie Moreau avait quand même toutes les cartes dans son jeu pour relever le défi.

«Toutes mes études, toutes mes formations, ont toujours été axées sur l’entreprise», explique-t-elle. Après un désintéressement à l’adolescence, c’est à la fin de celle-ci que Julie Moreau a eu un déclic, lors de son cours d’économie en cinquième secondaire. «Parler d’argent, de la valeur de l’argent, ce qu’on peut faire avec et créer de la valeur; après , tout a découlé» mentionne la jeune mère d’une fillette de deux ans.

Pénurie de main-d’oeuvre
La présidente doit composer avec deux contraintes principales : la congestion routière et la pénurie de main-d’œuvre. «La relève n’est pas là», se désole Julie Moreau. Celle qui décrit ses camionneurs comme «de l’or en barre, des soies», concède que même si ses employés rentrent tous chez eux le soir, ce n’est jamais à 17h. «C’est beaucoup d’heures et ce n’est pas du 9 à 5», illustre-t-elle.

« Souvent, les gens ont un cliché type du camionneur, pour moi ces messieurs sont des bonnes personnes qui m’ont aussi aidée à traverser l’épreuve du décès de mon père.»

— Julie Moreau, présidente de Transport ROMM

Pour contrer le trafic montréalais, Julie Moreau prévoit développer son entreprise dans l’Est. «Notre emplacement est stratégique, avec les autoroutes 40 et 640», explique celle qui souhaite, à long terme, pouvoir faire ramasser les commandes des camions dans l’Est pour ensuite les livrer.

Les réparations prochaines du tunnel Louis-Hyppolyte-La Fontaine l’effraie, «je ne veux même pas y penser». Cependant, avec ses journées qui ne se ressemblent pas, Julie Moreau affirme qu’il s’agit de son «emploi de rêve», et qu’elle ne s’ennuie jamais. Avec son équipe, elle s’ajuste à chaque jour à une industrie en perpétuel changement.