Maire et députés d’un jour : des jeunes aux commandes de l’arrondissement

Maire et députés d’un jour : des jeunes aux commandes de l’arrondissement
Photo: Amélie Gamache/Métro MédiaLa jeune Alison Forget, n'a pas l'intention de poursuivre une carrière politique, mais désirait "apprendre comment cela fonctionne."

Quatre jeunes des écoles primaires de Pointe-aux-Trembles ont la chance de se glisser dans la peau d’un maire, d’un député ou d’un policier le temps d’une journée, grâce à une initiative de la Corporation de développement communautaire (CDC) de la Pointe.

La sélection des nouveaux élus d’un jour s’est effectuée en décembre, suite à une consultation jeunesse, où des jeunes, sélectionnés par la direction de leurs établissements, ont été invités à s’exprimer sur le thème de la violence.

« Ils ont fait des ateliers, des pièces de théâtre, pour exprimer la violence qu’ils rencontraient, et identifier les ressources à leur disposition pour les aider », explique Jean-Philippe Labre, responsable des communications pour la CDC.

Un tirage a suivi l’activité, qui s’est déroulée à la Maison des Jeunes, afin de choisir les quatre jeunes qui allaient accompagner dans leurs tâches la mairesse de RDP-PAT Caroline Bourgeois, la députée provinciale Chantal Rouleau, le député fédéral Mario Beaulieu ou un responsable du poste de quartier 49 du SPVM.

Une députée fédérale à l’écoute

Alison Forget, en compagnie de Mario Beaulieu, en pleine rencontre Facetime avec l’adjoint du député de Montcalm Luc Thériault.

La jeune Alison Forget, 12 ans, qui vient de terminer sa sixième année à l’école Notre-Dame, n’a pas chômé lors de sa journée de députée d’un jour en compagnie de M. Beaulieu, le 8 août. Déjeuner en compagnie des attachés politiques, discussion de cas de familles immigrantes, rédaction d’allocutions, rencontre avec des enfants du Camp du Relais du bout et des aînés du CHSLD Judith-Jasmin : les activités se sont succédé rapidement.

« C’est impressionnant, il faut s’occuper de beaucoup de choses. Certaines personnes peuvent vivre des expériences qui ne sont pas plaisantes, et c’est dur à entendre quand c’est raconté. Mais je m’intéresse aux histoires des gens. » – Alison Forget, députée d’un jour

Si elle admet avoir été gênée lors des premiers moments, et surprise d’avoir à rencontrer une journaliste, la jeune fille s’est réjoui d’avoir pu en apprendre notamment sur l’histoire du Québec, la langue française et la pauvreté des enfants.

Mario Beaulieu n’a d’ailleurs pas hésité à lui léguer temporairement son poste.

« Plus on peut initier les jeunes à ce qu’est la politique, plus les citoyens vont s’y intéresser et on va aller vers une véritable démocratie participative, juge-t-il. On lui a expliqué la différence entre les champs de compétence, et ce qu’est le travail d’un député, qui n’est pas juste de faire des lois, mais également d’aider les citoyens. »

Lors de son allocution destinée aux enfants, diffusée en fin de journée sur la page Facebook de Mario Beaulieu, Alison Forget a livré un vibrant plaidoyer à la participation citoyenne. « Je demande à tous les jeunes de la Pointe-de-l’Île de s’engager pour préparer notre avenir, a-t-elle lancé. Dans quelques années, ce seront nous qui voterons des lois. »

Maire d’un jour, maire toujours?

Frédéric Bouliane, de l’école Belle-Rive, s’est de son côté glissé dans la peau de Caroline Bourgeois le 12 juillet dernier. L’expérience l’a confirmé dans son désir de s’impliquer en politique.

En plus de travailler avec la mairesse Caroline Bourgeois dans la salle du conseil, le jeune Frédéric Bouliane a notamment eu l’occasion de prendre part à une activité avec Jeunes Marins urbains.

« C’est époustouflant, j’ai vraiment été fier. J’ai eu le feeling que j’étais vraiment le maire, et que je pouvais prendre des décisions. J’aimerais faire ça plus tard, le travail m’intéresse. » – Frédéric Bouliane, maire d’un jour

Le jeune homme, qui a publié un livre en mars dernier, s’est également montré étonné, mais inspiré, de constater à quel point une majeure partie de la journée d’un maire est consacrée à « répondre à des questions, avoir des contacts et parler beaucoup pour comprendre ce qui se passe. Tout le monde vient lui parler de ce qu’ils font. »

Bien qu’il n’ait pas choisi encore le pallier gouvernemental dans lequel il voudrait évoluer, nul doute que le jeune homme se retrouvera de nouveau dans les pages de l’Avenir au cours des prochaines années.

Députée provinciale et policier en devenir

Le jeune Hercules Pierre, de l’école de Pointe-aux-Trembles, a de son côté accompagné un policier du poste de quartier 49 au début du mois de juillet, une expérience qu’il a fortement appréciée, selon sa mère, Marie-Nadège Pierre.

Une jeune élève de l’école Félix-Leclerc, Mollie Chénard, chaussera de son côté bientôt les souliers de la députée provinciale Chantal Rouleau. La future élue d’un jour étant en vacances, la rencontre se déroulera à la rentrée, selon le bureau de circonscription de la ministre.