Plus de 3 M$ de nourriture pour RDP-PAT

Plus de 3 M$ de nourriture pour RDP-PAT
Photo: ArchivesLes sept organismes accrédités de RDP-PAT ont déclaré à Moisson Montréal avoir fourni de l’aide alimentaire à 2739 personnes en 2018, alors que ce nombre est passé à 3042 en 2019, avec les denrées distribuées par Moisson Montréal.

Plus de 582 000 kilos de nourritures ont été distribués aux sept organismes de Rivière-des-Prairies – Pointe-aux-Trembles accrédités à Moisson Montréal. Malgré une augmentation des dons de nourriture, les organismes dénoncent un important manque d’aide financière.

À cause de cette carence, ceux qui offrent des services de dépannage alimentaire sont parfois contraints de fermer durant l’été. C’est le cas d’Action Secours Vie d’Espoir (ASVE), un organisme qui apporte un soutien alimentaire aux familles défavorisées de Montréal-Est et Pointe-aux-Trembles.

Louise Masquer, qui en est la présidente, soutient que s’il y a une bonne entraide au niveau des organismes, la structure financière de base est trop basse. Avec le manque de moyens financiers, son organisme doit se résigner à fermer durant les mois de juillet et d’août.

Pendant la période estivale, les 140 familles inscrites sur la liste permanente de son organisme doivent se tourner vers d’autres banques de dépannage. « Les jeunes familles ou les personnes âgées qui sont dans des situations difficiles ne peuvent pas toujours se déplacer, justement à cause de leur manque de ressources » explique Mme Masquer.

Inquiétude grandissante

Une réalité également observée par la Corporation de développement communautaire de Rivière-des-Prairies (CDC-RDP). Karine Tremblay, agente de liaison à la CDC-RDP, insiste sur le fait que ce sont les ressources qui manquent, et non la volonté d’aider.

Yolette Café, directrice du Centre d’entraide aux familles (CEAF) de Rivière-des-Prairies, est inquiète pour l’avenir. En plus des nouveaux arrivants, des migrants ou des familles, Mme Café voit également de plus en plus de personnes en arrêt de travail qui n’ont pas encore 60 ou 65 ans et qui ne touchent aucune aide.

À ses débuts en 1993, l’organisme offrait du dépannage alimentaire cinq jours par semaine. Contrainte de s’installer dans un immeuble après avoir été évincée de son ancien local, transformé depuis en condo, la directrice paie un loyer chaque mois pour ouvrir une seule fois par semaine, chaque vendredi.

« Malheureusement, à l’automne 2020 j’arrête. Je ne vais plus fonctionner et je ne sais pas encore à présent ce qu’il va arriver avec l’organisme », explique-t-elle. Œuvrant depuis plus de 25 ans dans le quartier, Mme Café confie être « tannée et ne pas se sentir aidée ».

Outre l’apport important de denrées alimentaires par Moisson Montréal, les organismes reçoivent très souvent de l’aide d’acteurs du quartier, comme certaines épiceries.

Besoin grandissant

Les besoins de dépannage alimentaire ne s’estompent pas dans la métropole, selon Richard Daneau, directeur général de Moisson Montréal. Si le « nombre de personnes ne change pas vraiment, c’est le profil des individus qui change, explique-t-il. De plus en plus de familles, de personnes qui travaillent ont besoin d’assistance ». À Montréal, en 2018-2019, près de 140 000 personnes sont allées chercher de la nourriture chaque mois dans les 250 organismes accrédités sur l’île.