Mercier & Anjou
11:25 17 janvier 2020 | mise à jour le: 17 janvier 2020 à 11:25 temps de lecture: 4 minutes

Qualité de l’air : CCR soutient être «dessous de la norme» d’émission

Qualité de l’air : CCR soutient être «dessous de la norme» d’émission
Photo: Photo Elena Broch/Avenir de l'EstSelon la Ville, il est trop tôt pour commenter les résultats préliminaires de CCR.

Un an après la mise en service de son dépoussiéreur, CCR soutient que les données recueillies et transmises à la Ville de Montréal sont en dessous des normes imposées. À l’heure où nous écrivons ces lignes, nous n’avons pas encore pu consulter ces chiffres, ni avoir de réaction de la part de la Ville de Montréal.

En 2018, l’usine CCR, spécialisée dans l’affinerie du cuivre défrayait la chronique à la suite d’un article du bureau d’enquête de TVA montrant que ses émissions d’arsenic dans l’air étaient au-dessus des normes provinciales. Cette même année, l’entreprise installait un dépoussiéreur pour remédier aux émissions de cet élément chimique qui peut être nocif pour la santé.

«On s’en est rendu compte en 2010, on a vu qu’on dépassait les normes en échantillonnant toutes nos sources», explique Luc Piché, directeur santé, sécurité et environnement. Il précise qu’un plan d’action a été proposé pour 28M$, incluant l’installation de hottes aspirantes pour capter le plus d’émissions possible, et d’un dépoussiéreur. Ce dernier, selon CCR a été capable de filtrer 99% des particules fines produites par l’activité de refonte des résidus de production.

Un an et quelques mois après son entrée en service, l’affinerie de cuivre affirme que les résultats sont bons, «on rencontre toutes les normes» de la Communauté urbaine de Montréal. Sans toutefois donner des chiffres précis, qui sont actuellement entre les mains de la Ville de Montréal et de la province, «on attend qu’ils soient analysés et approuvés».

Bob Leclair, directeur général, tient à préciser : «Ça prend une année au complet pour livrer les résultats, on voulait opérer dans les conditions d’hiver, d’été, s’assurer qu’on est vraiment conformes.»

Conformément aux recommandations de la DRSP, l’entreprise avait aussi procédé à l’installation de nouvelles stations de mesure des concentrations de métaux, «mais cela ne reflète pas les seules émissions de CCR», car des industries sont aussi présentes dans le secteur, en plus de la présence d’arsenic et autres métaux dans l’air, liée aux transports notamment.

Pas d’autocollecte pour CCR

CCR annonce elle-même «ramasser les filtres des stations» et transmettre «mensuellement» le fruit de la collecte à la Ville de Montréal, «propriétaire des données» . Cela après collecte et analyse d’entreprises indépendantes, «accréditées par le ministère de l’Environnement et de la lutte contre les changements climatiques».

L’entreprise implantée à Montréal-Est cite le laboratoire d’analyse Veritas et la firme Consulair, spécialisée dans l’échantillonnage. «Tout le processus est normé par le Ministère et la Ville», insiste les dirigeants de l’entreprise. «Nous payons pour la collecte et l’analyse, cela représente 85 à 90 000$ cette année», affirme le directeur général de CCR.

En dehors de ces stations d’échantillonnage, CCR procède, dès la sortie des cheminées des émissions de l’usine, à l’analyse de la qualité l’air, «puis une firme externe modélise la dispersion pour déterminer nos émissions une fois dans l’air».

Ces arguments viennent nuancer le contenu de la pétition sur la qualité de l’air soutenue par la députée Ruba Ghazal, de Québec Solidaire, qui considère que « les permis d’assainissement accordent actuellement le droit aux industriels d’effectuer eux-mêmes la collecte de données environnementales».

Un nouvel avis sur la qualité de l’air dans le secteur entourant l’entreprise de cuivre CCR, située dans Montréal-Est, est prévu au printemps 2020.

 

 

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