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Les maires montréalestois ne se laissent pas corrompre

Les noms du maire, Robert Coutu, et de l’ancien maire de Montréal-Est, Yvon Labrosse, ont été mentionnés le 28 janvier lors de la Commission Charbonneau. Dans son témoignage, le président-directeur général de la firme de génie-conseil pointelière Génius, Michel Lalonde, a éclaboussé plusieurs élus de l’Est et Montréal-Est n’y fait pas exception.

M. Lalonde a mentionné que Génius-conseil, anciennement Groupe Séguin experts-conseils, était présent à Montréal-Est depuis le milieu des années 1980. « On a presque toujours travaillé à Montréal-Est jusqu’en 2005, on a presque plus eu de contrats après. Année électorale après année électorale, nous étions là pour supporter les élections. »

L’entreprise, par l’entremise de Gilles Thibodeau, aurait contribué à la caisse électorale de l’ancien maire Labrosse pour 3000 $ à 5000 $, en 2001, puis 5000 $ pour 2005, selon l’ingénieur.

« J’admets qu’il m’a donné quelque chose, mais pas pour les raisons qu’il a dit », a admis M. Labrosse, en entrevue téléphonique. L’ancien maire dit n’avoir rien demandé à M. Lalonde et ne lui avoir rien donné en échange de sa contribution. Notons que le Groupe Séguin a obtenu un seul contrat, d’une valeur de 9687 $, en janvier 2006, pour l’inventaire et la caractérisation des espaces clos de la Ville. La résolution avait été proposée par le conseiller Roger Lachapelle, appuyée par Sylvie Dauphinais et adoptée à l’unanimité.

« En 2005, j’avais rencontré le maire, Yvon Labrosse, pour lui remettre environ 5000 $ en argent comptant, mais je n’ai pas eu beaucoup de mandats de 2005 à 2009, a dévoilé M. Lalonde. Ça devenait compliqué au niveau de la Ville. Quand j’ai vu ça, j’ai décidé d’encourager un autre candidat, Robert Coutu, qui s’est présenté comme maire et il a gagné.

« En jasant avec lui, on s’est entendu. À sa demande, je lui ai donné 5000 $ pour l’élection de 2009. C’était bien parti, mais nous sommes tombés dans un autre contexte [en 2009, l’escouade Marteau avait été mise sur pied]; fin 2009, début 2010, le contexte ne se prêtait plus à continuer ce qu’on faisait auparavant. Je pense qu’on a eu un petit contrat de gré à gré, en bas de 25 000 $, c’est à peu près tout ce qu’on a eu. »

De son côté, le maire Coutu nie en bloc les affirmations de M. Lalonde. « Ces affirmations sont absolument fausses et je le dis sans hésitation, a-t-il déclaré quelques secondes après les déclarations de l’ingénieur à la Commission. M. Lalonde s’en prend à tous les maires, anciens et actuels, de l’est de Montréal », déplore M. Coutu.

Il ajoute que selon lui, ni l’ancien maire Labrosse, ni le maire de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, Réal Ménard, n’ont touché de financement. « Je connais les maires de l’Est et je suis sûr qu’aucun d’entre nous n’a accepté cela. M. Lalonde essaie de nous discréditer. »

Malgré tout, M. Coutu reconnaît avoir été sollicité par Génius, mais il assure n’avoir jamais accepté de financement de la firme ou de qui que ce soit, ni en argent comptant, ni en billets de hockey. « Mon équipe du Nouveau Centenaire et moi voulions faire de la politique autrement alors, nous avons financé nous-mêmes notre campagne électorale », assure le maire.

« M. Lalonde m’avait dit qu’il connaissait tout le monde et que l’Est était un territoire protégé. Je lui ai dit que ça ne fonctionnerait pas comme ça. […] Il voulait obtenir des contrats alors, je lui ai dit de passer par la porte d’en avant, de faire une soumission comme tout le monde. De toute façon, toutes les attributions de contrats doivent passer par le conseil. Moi, je dors très bien le soir », a conclu M. Coutu.

Regardez le témoignage de M. Lalonde au sujet de la ville de Montréal-Est à la commission Charbonneau (Parti 3 – à 38:15 et à 53:50 au http://bit.ly/11bpYD3)

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