Malgré les coûts, le train doit passer
« Le Train de l’Est doit se faire, nous sommes tous embarqués dans le train maintenant, la Ville ne peut plus reculer. Le projet est trop important pour ne pas se réaliser. Les dépassements de coûts et le manque de rigueur sont cependant déplorables », déclare la mairesse de l’arrondissement Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, Chantal Rouleau.
« Il y a déjà 400 M$ d’engagés, ce n’est plus le temps de reculer », affirme pour sa part la députée Nicole Léger. « Sans compter que les citoyens ont commencé à acheter des terrains en prévision du passage du train », ajoute Mme Rouleau.
Le projet du Train de l’Est avait initialement été évalué à un peu moins de 400 M$. Depuis, les coûts ont explosé pour franchir la barre des 700 M$. Selon les estimations de l’AMT, le train permettra 11 000 déplacements par jour.
En comparaison, le via-bus, reliant Repentigny et le centre-ville qui avait été projeté en 2002 sur le tracé de l’ancienne emprise ferroviaire, avait été évalué à 28 M$ et aurait permis 14 000 déplacements par jour.
« Ce sont les taxes des citoyens qui paient cela. L’Est a vraiment besoin de transport en collectif. Il faudra également regarder d’autres alternatives comme le via-bus, la navette fluviale, l’augmentation des lignes d’autobus, etc. », rappelle Mme Rouleau.
« Au départ, le Parti québécois (PQ) avait proposé deux tracés. Les libéraux (PLQ) ont voulu faire des économies en proposant un seul tracé, mais avec les dépassements, ça coûtera aussi cher », déplore Mme Léger.
Petit train va plus loin?
« C’est important pour toute l’économie de l’Est que le projet se réalise. Il est nécessaire pour les travailleurs, les entreprises et les citoyens », maintient Mme Léger. La députée croit que le train permettra un meilleur recrutement de la main-d’œuvre pour les entreprises du secteur est. Rappelons que le train circulera dans les deux directions, permettant aux passagers de Lanaudière, mais aussi du centre-ville, de se rendre à Pointe-aux-Trembles.
Bien que les élus soient d’accord que le Train de l’Est doit absolument se réaliser, Mme Rouleau émet un doute au sujet du tronçon passé son arrondissement. « Il faudrait réévaluer les gares les plus coûteuses, mais réaliser tout de suite les gares de l’île de Montréal », estime-t-elle.
« Ce n’est pas chez nous que ça coûte cher. Je sais qu’il y a eu beaucoup de pressions du milieu municipal sur l’AMT. Il faudrait peut-être revoir les outils d’étanchéité de l’Agence pour éviter qu’un tel gaspillage ne se reproduise », juge Mme Rouleau.
De son côté, Mme Léger signale que le projet devra se réaliser dans son ensemble, mais qu’il ne devra plus y avoir de dépassements de coûts. « Dans un premier temps, il faut réaliser le tronçon de Montréal, mais il faut aussi réaliser la partie jusqu’à Mascouche, puisqu’il faut un endroit pour garer le train. Il ne faudrait pas que des coûts supplémentaires soient associés à la construction de cette voie ferrée spéciale », raconte Mme Léger.
Afin de permettre l’entretien de la locomotive, la tête de la ligne devra être munie d’une fosse de réparation. Si le projet est réalisé en deux temps, deux fosses d’entretien seront donc nécessaires : une première a Pointe-aux-Trembles, qui deviendra désuète lorsque le projet sera complété, et une seconde, permanente, à Mascouche.
AMT dans la mire des élus
« Le PLQ a un devoir de surveillance. Nous demandons au gouvernement de surveiller et de bien gérer le projet. Le gouvernement a failli à sa tâche. J’espère qu’il va bouger rapidement. Il faut trouver quelqu’un à la tête de l’AMT le plus vite possible », soutient Mme Léger. « Quelqu’un de compétent », précise Mme Rouleau.
« Je ne veux pas tout suspecter, mais je crois que le vérificateur général devrait jeter un œil dans ce projet. Je suis inquiète qu’il y ait de la collusion. Qu’est-ce qui a pu arriver pour que les coûts augmentent à ce point? Est-ce que c’est seulement de la négligence et de l’incompétence? », s’inquiète Mme rouleau.
Quartier de la Gare
Avec les délais annoncés, plutôt que de traverser un chantier de construction, le train s’arrêtera dans une Gare de l’Est flambant neuve. « Nous souhaitons qu’il n’y ait pas de délais au Quartier de la Gare. Il y a déjà eu des investissements de la ville-centre sur la rue Sherbrooke et sur le boulevard Maurice Duplessis », reconnait Mme Rouleau.