Marie-Victorin : les étudiants officiellement en grève
Cette première journée de débrayage s’est amorcée par une assemblée étudiante. Au cours de celle-ci, le Syndicat étudiant du cégep Marie-Victorin (SECMV), affilié à la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), a débattu du protocole d’entente soumis par la direction du cégep, le vendredi 17 février.
« C’est une assemblée générale pour régler les modalités en ce qui a trait aux stages des techniques, pour ne pas désavantager les étudiants », dit Sami Haiouani, membre du comité de mobilisation.
« On a parlé des modalités, du temps de reconduction et des trucs comme ça, et des plans d’action et des divers comités qu’il va y avoir durant la grève », précise Keith Fils-Aimé, coordonnatrice à l’interne du (SECMV).
Ce protocole vise, entre autres, à déterminer les activités qui seront interrompues ou les personnes qui pourront accéder aux bâtiments. Il n’est toutefois pas possible d’en connaître les détails. « On ne peut pas vraiment rendre public le protocole », confirme Nathalie Baumgartner, coordonnatrice des communications du cégep.
Quelques changements à celui-ci ont été réclamés par les étudiants lors d’une rencontre avec la direction plus tard dans l’après-midi. La direction leur a retourné une version modifiée du document le jeudi 23 février. Ceux-ci devront le retourner le lundi 27 février.
Mais encore une fois, il n’est pas possible de connaître la nature exacte de ces changements. Ils ont apporté quelques changements, mais ils sont mineurs, commente Mme Baumgartner.
Une chose est sûre toutefois : aucun cours ne sera dispensé, pas même ceux des programmes techniques. Par contre, les activités entourant les stages ne devraient pas être perturbées.
« Tout ce qui est services ou activités au calendrier, c’est maintenu », ajoute la coordonnatrice des communications. Par exemple, il sera toujours possible de prendre rendez-vous avec l’aide pédagogique individuelle (API). La formation continue est aussi maintenue, tout comme l’ensemble des activités sportives.
En somme, seuls les cours réguliers sont levés. Pour l’instant.
De bonnes relations avec la direction
« On s’entend avec les étudiants pour entrer par une autre porte que la porte principale », indique Mme Baumgartner. En effet, les étudiants ont déjà commencé à piqueter devant le cégep.
Cette bonne entente ne semble pas être qu’une apparence, puisque la direction se montre ouverte à la négociation. « Les relations se passent vraiment très bien entre les étudiants et la direction », révèle-t-elle.
Même si elle ne veut pas se prononcer en faveur ou en défaveur de la grève, la direction respecte la décision des étudiants. Cette décision tranche avec le ministère de l’Éducation qui, par l’entremise, du bureau de son sous-ministre, aurait encouragé les professeurs à franchir les lignes de piquetage afin de donner leurs cours.
« Pour nous, c’était mettre de l’huile sur le feu, inviter à la confrontation, mentionne François Parent, président du Syndicat des professeurs du Collège Marie-Victorin (SPCMV). Ça, on n’aurait jamais accepté de faire ça
« On a préféré l’attitude du Collège qui, justement, pour éviter la confrontation, a décrété une levée de cours depuis mardi. »
Les professeurs, qui ont officiellement appuyé les revendications des étudiants lors d’une assemblée générale en octobre, respecteront aussi les décisions des étudiants.
« C’est sûr que nous-mêmes on va continuer nos activités syndicales. Les étudiants nous ont autorisés à nous présenter. Mais on va avant tout prendre acte du protocole que les étudiants vont signer avec la direction.
« On se perfectionnera à la maison, on fera des lectures. Nous, nous sommes disponibles jusqu’au 13 juin, donc ce qu’on ne fait pas maintenant, on va le faire plus tard, laisse-t-il tomber. On verra, mais on ne pense pas que la session soit annulée. »
Rappelons que les étudiants qui débrayent partout au Québec veulent empêcher le gouvernement du premier ministre Jean Charest de hausser les droits de scolarité de 75 % sur une période de cinq ans, soit de 2012 à 2017.