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Héros en Haïti, policiers du PDQ 49

Bousquet-Richard Simon - TC Media
Lors de la commémoration du deuxième anniversaire du séisme en Haïti, deux policiers du poste de quartier 49, Lyne Provencher et Denis Francoeur, ont reçu des mentions de qualité reconnaissant leur contribution extraordinaire à la suite du tremblement de terre.

Les policiers étaient partis en mission pour former les agents de la police nationale d’Haïti, lorsque le 12 janvier 2010, la mission est bouleversée par un tremblement de terre qui détruira le pays. « Quand le tremblement de terre est arrivé, nous nous sommes mis en mode survie », se rappelle l’agent Francoeur.

Le policier explique avoir été l’un des derniers à quitter le quartier général de l’ONU, juste avant qu’il ne s’effondre. « Il y avait des morts partout », dit-il. Le premier jour, les forces de l’ordre s’étaient concentrées à escorter les équipes médicales qui arrivaient de l’étranger.

Les policiers ont eu la possibilité d’être évacués à la suite du séisme. « Il me restait encore trois mois avant la fin de ma mission. C’était important pour moi de finir ce que j’avais commencé et je sentais que je pouvais aider », raconte M. Francoeur.

L’agent en était à sa deuxième mission, il connaissait donc parfaitement Port-au-Prince. « La première semaine, nous avons livré de la nourriture et des médicaments. Les Canadiens ont eu un grand impact. Puisque nous parlons français, c’est nous qui pouvions donner des ordres » conte le policier.

Les activités des agents n’étaient toutefois pas de tout repos. « Les policiers voient en un an plus de situations délicates que ce que les citoyens ordinaires voient dans leur vie. À Haïti, nous avons vu en un mois ce qu’un policier voit en 25 ans de métier », estime M. Francoeur.

Pour les policiers à Haïti, les poussées d’adrénaline n’étaient pas rares. L’agent Francoeur se souvient d’une journée en particulier. Il était parti avec un convoi pour aller chercher une cinquantaine de personnes, dont des enfants. L’aller s’était bien passée, mais au retour, le convoi s’était soudainement retrouvé encerclé par une foule de 200 000 à 300 000 personnes.

« Il y avait des rumeurs qu’un tsunami s’en venait alors les gens étaient sortis dans la rue. Il y avait des gens sur 8 à 10 km. J’ai eu peur. Avec une foule comme ça, tu as beau être armé… Il aurait peut-être fallu qu’une seule personne se retourne et nous demande notre véhicule pour que ça se gâte. Mais rien de tel n’est arrivé, les gens étaient très calmes », raconte M. Francoeur.

Après les premières interventions, les agents restés en poste effectuaient la surveillance des camps de réfugiés. « La nuit, nous entendions des coups de feu. Nous ne savions pas trop d’où ça provenait, mais je peux vous dire que nous n’avons pas beaucoup dormi », confie l’agent qui fait remarquer que la prison de la ville s’était effondrée, libérant environ 5000 détenus.

« C’est sûr qu’on reste marqués. Je connaissais des victimes », conclut le policier, qui ne compte pas retourner en Haïti de sitôt.

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