Les dessous de la ville de Montréal-Est
« De plus en plus, les élus se servent de médias sociaux pour avoir un contact direct avec la population, explique le chroniqueur technologique de l’Avenir de l’Est, Jean-Michel Vanasse. Il n’y a pas si longtemps, pour rencontrer les élus, il fallait se rendre à leurs bureaux, maintenant les gens peuvent avoir un contact direct. »
C’est d’ailleurs ce que croit Mme Dauphinais : « C’est ma façon d’être près des citoyens. Le site Internet de la ville n’est pas proactif, il n’y a rien dessus et ça coûte cher. »
Elle cite en exemple la fermeture de la piscine du parc des Vétérans : « lorsque j’ai appris pour la fermeture de la piscine, ça ne semblait pas vouloir passer au conseil. Puisque j’étais contre, j’ai écrit sur Facebook que la Ville pensait fermer la piscine et j’ai demandé l’opinion des citoyens. À ce moment, les citoyens ont commencé à parler de manifestations, alors j’ai calmé le jeu. Selon ce que les citoyens ont répondu, j’ai dit au conseil “je crois qu’il devrait y avoir une consultation publique” », raconte Mme Dauphinais.
La version papier du groupe devrait voir le jour d’ici peu, selon l’initiatrice du projet. « Plusieurs personnes n’ont pas accès à Facebook alors, la version papier me permettra d’étendre mon lectorat », raconte-t-elle.
Le cœur du litige
Mme Dauphinais a été sommée à plusieurs reprises de fermer son groupe Facebook. Dans une lettre envoyée à la conseillère, le maire Robert Coutu mentionne que « [le conseil] considère qu’il s’agit souvent de commentaires inadéquats qui peuvent porter atteinte à la réputation ou mettre en doute le professionnalisme et les compétences des personnes mentionnées à l’égard de la population. »
Il donne l’exemple d’un commentaire émis par Mme Dauphinais, le 23 septembre, sur son groupe Facebook : « J’ai aussi dans ma pensée un proverbe qui s’applique à trois personnes de la Ville. Mon proverbe est : donne a manger à un cochon et il viendra chier sur ton perron […] »
Mme Dauphinais avoue avoir parfois dépassé les limites, mais elle assure agir convenablement désormais. « La conseillère Anne St-Laurent m’a demandé de fermer mon groupe Facebook. J’ai refusé, mais j’ai accepté de moins “ramasser” les conseillers. Maintenant, je demande aux participants du groupe d’être respectueux », se défend-elle.
« La ville de Montréal-Est fait face à des enjeux majeurs et nous perdons notre temps, durant les séances de travail à discuter des polémiques qu’elle crée plutôt que de pouvoir nous concentrer sur les sujets d’importances, fulmine Mme St-Laurent. Ce que nous voulons c’est juste que les citoyens sachent la vérité. Nous voulons qu’ils sachent que Mme Dauphinais ne contribue pas au succès de la Ville. »
Rencontrés lors d’une entrevue pour l’Avenir de l’Est, les membres du conseil ont accusé Mme Dauphinais de faire de la désinformation via son groupe. Contrairement aux médias traditionnels, les informations véhiculées dans les médias sociaux ne sont pas vérifiées par une source indépendante. « Le danger est que les citoyens croient des messages qui ne sont pas véridiques, conçoit M. Vanasse. Un élu qui ferait de la désinformation risquerait de perdre sa crédibilité. Un autre élu pourrait rétablir les faits en écrivant sur le groupe avec preuve à l’appui. »
La conseillère Dauphinais dit ne pas être contre un groupe Facebook de la Ville où tous les conseillers pourraient écrire, mais s’inquiète de ne pas conserver son droit de parole dans un tel groupe.