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Les jeunes anglophones aussi ont leur lieu de socialisation

Leduc-Frenette Samuel - TC Media
Plusieurs organismes prairivois organisent des activités ou servent de lieu de rencontre pour les jeunes du quartier après l’école et pendant l’été. C’est le cas notamment d’Équipe RDP et de la maison des jeunes. Ces centres, toutefois, sont surtout fréquentés par les francophones. Pour pallier le manque de ressources du côté anglophone, Matteo Vecera a créé le Centre Don Bosco Youth Leadership en 1997. Un organisme actif, mais qui peine à trouver un financement adéquat.

Au début, ce ne devait être qu’un projet de fin d’études réalisé alors qu’il fréquentait les classes de récréologie du cégep Dawson. M. Vecera, un résident de longue date de Rivière-des-Prairies (RDP), voulait occuper les adolescents qui trainaient dans la rue après l’école. Son but était de prévenir l’abandon des jeunes à eux-mêmes, ce qui parfois mène à la délinquance.

Après 15 ans et environ 1000 jeunes qui fréquentent son centre annuellement, M. Vecera peut se dire « mission accomplie ».

Son organisme bénéficie aujourd’hui des deux derniers étages du centre des Salésiens, situé sur l’avenue Pierre-Baillargeon au coin du boulevard Maurice-Duplessis. Dans ces espaces sont aménagés des salles de jeu, des pièces de détente, des locaux pour des rencontres et une cuisine.

« Ce qu’on fait avec les jeunes, c’est du leadership, de l’éducation et de la prévention », rappelle M. Vecera, qui organise des activités à l’année longue au centre, dont de l’aide au devoir pendant l’année scolaire et un camp de jour pendant l’été.

Pendant l’année, M. Vecera compte surtout sur l’aide de bénévoles pour animer les activités de son centre. Pour ce qui est du camp d’été, il compte sur l’apport de 60 animateurs. « Ils travaillent minimum 40 heures semaine, mais ils ne sont payés que 30 heures. On appelle ça la “clause de générosité”, dit-il. C’est une autre façon pour donner à nos familles des rabais plus bas pour l’inscription. »

Ce camp de jour, justement, a débuté cette année le 25 juin et dure au total sept semaines. Il regroupe 500 jeunes de 4 ans à 15 ans sur trois sites différents.

Dur, dur, de se faire financer

Le financement de l’organisme est déficient, selon son coordonnateur. « C’est comme un YMCA, mais sans argent », se plait-il à dire, comme pour démontrer que son centre n’a pas les mêmes moyens logistiques que les YMCA pour amasser des fonds.

En plus de ne pas payer de loyer aux Salésiens, l’organisme bénéficie d’une enveloppe annuelle de 40 000 $ de la part de la Ville de Montréal. Mais là s’arrêtent les principales subventions.

Les gouvernements fédéral et provincial financent quelque peu les camps d’été tandis que le reste provient de donateurs privés. « C’est plus difficile de trouver de l’argent en prévention, dit-il Je savais déjà que l’intervention, c’est plus sexy, il y a plus d’argent dans ces choses-là. »

La prévention de la délinquance, le cheval de bataille de M. Vecera, serait ainsi victime de son « impopularité » parmi les politiques.

« 90% des choses que nous voyons ici sont toutes issues de dons ou de “levées de fonds” », rappelle-t-il. Il peut s’agir de spectacles de mode, de « marche-o-thon » ou de lave-autos.

La précarité financière du centre Don Bosco Youth Leadership n’est toutefois pas unique dans le quartier, reconnaît-il.

« Les ressources qu’on a, les structures, c’est pas suffisant [dans le quartier]. Avec tous les jeunes qu’on a dans notre quartier, il n’y a pas assez d’argent d’investi dans la construction de bâtisses », déplore-t-il. Et Rivière-des-Prairies est un quartier où il y a beaucoup de jeunes.

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