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Un seul rapport, plusieurs interprétations

Bousquet-Richard Simon - TC Media
Tous les intervenants se sont dits satisfaits du rapport de l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) sur les centres de traitement des matières organiques (CTMO), mais les interprétations divergent.

« Nous sommes très contents que l’OCPM ait donné son feu vert à la réalisation du projet de CTMO. Nous allons mettre en application la plupart des recommandations », a déclaré le vice-président du comité exécutif de la Ville de Montréal, Alan DeSousa.

L’équité territoriale

Selon la compréhension de M. DeSousa, le rapport de l’OCPM recommande de prioriser le développement du CTMO par biométhanisation et du centre de prétraitement des ordures dans l’Est. « Ce regroupement est une opportunité pour développer des emplois dans l’Est », croit-il. Ce dernier a toutefois promis que les études des sols préalables à l’achat du site de LaSalle seraient menées le plus rapidement possible, sans toutefois préciser l’échéancier.

La conseillère de l’arrondissement Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, Caroline Bourgeois, interprète différemment le rapport. Cette dernière retient plutôt la recommandation de développer le site du secteur LaSalle avant celui de Montréal-Est.

Pour sa part, le directeur général de l’Association industrielle de l’est de Montréal, Dimitri Tsingakis, admet que « la biométhanisation peut représenter un créneau intéressant pour bonifier la synergie industrielle et cela pourrait créer des retombées intéressantes, mais elle n’est pas essentielle à la survie de l’industrie ».

Au sujet du site prévu à Dorval, qui n’est plus disponible en raison d’un refus de l’aéroport de Montréal, Mme Bourgeois s’est réjouie que le rapport souligne l’impératif de trouver un nouveau site pour le secteur ouest. Elle se questionne par ailleurs sur les intentions de M. DeSousa, « il dit qu’il attendait le dépôt du rapport pour se pencher sur la question du site dans le secteur ouest, mais ça fait deux ans que le projet est sur la table ».

De son côté, Maurice H. Vanier, un citoyen engagé dans plusieurs comités de réflexion sur l’industrie, croit que « M. DeSousa se doutait bien que le site de Dorval serait refusé par l’aéroport. Ce n’est pas un allié pour l’Est. »

Le maire de Montréal-Est, Robert Coutu, est convaincu que la Ville pourra trouver un nouveau site rapidement. Le maire dit avoir assisté à des rencontres avec d’autres maires, dont celui de Dorval, et il assure que ceux-ci sont ouverts à fournir un effort égal à ceux fournies par la Ville de Montréal-Est.

Retombées positives

Une autre des recommandations de l’OCPM évoque la nécessité que les citoyens bénéficient de retombées positives directes. Pour le secteur est, cela pourrait se traduire par la distribution de biométhane. « Au sujet des biogaz il faut être prudent sur la façon d’assurer des retombées positives pour les citoyens, mais nous ne sommes pas fermé à voir comment maximiser les retombées pour les citoyens », évoque M. DeSousa.

L’association entre le centre de prétraitement des ordures et une chaire de recherche universitaire fait partie des recommandations de l’OCPM, une suggestion qui est vue d’un bon œil par M. Tsingakis et Mme Bourgeois.

« Le gouvernement fédéral a coupé dans la recherche fondamentale. Dans ce cas, il s’agit de recherche appliquée, alors ce devrait être possible d’obtenir du financement », estime la députée de la Pointe-de-l’Île, Ève Peclet, qui annonce par ailleurs avoir eu des réponses favorables quant au financement de l’ensemble du projet, et ce, même si les délais sont dépassés.

En plus de retombés sur l’expertise du secteur, le projet aura des retombés économique, selon M. DeSousa, « ce projet correspond bien au Plan de développement économique de l’est de Montréal ».

Cette allusion au Plan de relance ne plait pas à Mme Bourgeois qui y voit une façon pour M. DeSousa de cautionner moralement le projet.

Enfin le rapport demande plus de transparence à la Ville, notamment en dressant l’inventaire des industries du secteur du traitement des matières résiduelles. « Ces données existent déjà, explique M. DeSousa. Elles sont dans le plan métropolitain de gestion des matières résiduelles de la Communauté métropolitaine de Montréal. Celle-ci devrait les rendre publics sous peu. »

Les commissaires avaient enfin mentionné que si le choix de la technologie avait été fait, les citoyens auraient été plus en mesure d’évaluer le projet de façon éclairée. « Il faut y aller étape par étape. La première étape que nous avons franchie est celle de la conformité des sites. La prochaine sera d’évaluer la gouvernance, les technologies et le financement des CTMO », se défend M. DeSousa. Il précise qu’un processus semblable devra être entamé pour le nouveau site du secteur ouest.

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