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Abandon du projet de maison de soins palliatifs

Photo: Isabelle Bergeron/TC Media

Le projet de construction d’une maison de soins palliatifs à la Pointe-de-l’Île, pour lequel près de 150 000 $ avaient déjà été amassés, a été abandonné à la suite de l’annonce du ministre Barrette d’ajouter 28 lits en soins palliatifs dans deux hôpitaux de l’est de Montréal, lundi dernier.

La décision a choqué la communauté d’affaires du secteur, ainsi que le promoteur du projet, qui travaillent conjointement avec le Centre intégré universitaire de santé et des services sociaux (CIUSSS) de l’Est-de-l’Île-de-Montréal depuis près de cinq ans.

Régis Arsenault, directeur de l’organisme promoteur du projet, explique qu’avec l’ajout de ces 28 lits aux hôpitaux de Marie-Clarac et Santa-Cabrini, l’offre pour des services en soins palliatifs dans l’est de Montréal est complète.

«Il n’y a tout simplement plus d’argent public pour ce genre de service dans le secteur. Le CIUSSS nous a indiqué que ces fonds iraient aux soins palliatifs de l’est de l’île sans plus de précisions. Nous avons compris quand nous avons vu l’annonce du ministre Barrette pour ces nouvelles places dans les hôpitaux.»

Le projet, issu d’un partenariat public-privé, devait comprendre la construction d’une bâtisse pour accueillir 20 chambres en soins palliatifs dans le quartier de Pointe-aux-Trembles.

Pas loin de 150 000 $ en dons avaient déjà été amassés, dont 45 000 $ provenant du Super party d’huîtres organisé par la Fondation des gens d’affaires et des industries de la Pointe-de-l’Île (FAIPI) depuis 2012.

«L’été dernier, tout allait bien. Le CIUSSS nous avait réitéré son engagement d’injecter 68 000 $ par lit annuellement afin de soutenir le projet, mais tout a basculé au cours des derniers jours», raconte M. Arsenault.

Déception à la Pointe-de-l’Île
Mario Christin, président de la FAIPI, s’est dit déçu de constater que le projet pour lequel sa fondation s’est investie au cours des quatre dernières années ne verra pas le jour.

«Nous avons travaillé ardemment à donner de la visibilité à ce projet, à effectuer des collectes de fonds, et à recueillir des engagements pour plus d’un demi-million de dollars des industries. C’est décevant de voir qu’un projet qui faisait l’unanimité et que la communauté était prête à payer à 100 % [construction de la bâtisse] doit être abandonné pour une question de volonté politique.»

Même son de cloche du côté de M. Arseneault, qui considère que des lits auraient pu tout de même voir le jour à la Pointe-de-l’Île.

«Le gouvernement n’a pas écouté les demandes de la population de l’extrême est de l’île. Il n’a pas été en mode solution. Je suis convaincue que ça aurait été possible de travailler afin d’avoir quelques lits dans ce secteur de la ville à des CLSC ou des CHSLD pour au moins tenter de desservir avec des services de proximité les citoyens de la Pointe-de-l’Île.»

Une question de viabilité
Le ministre Gaétan Barrette explique pour sa part que le projet n’a pas été autorisé pour des questions de «viabilité à long terme».

«Quand on nous propose des projets de maison de soins palliatifs, nous devons avoir la certitude que le projet est viable à long terme, que la capacité financière est là, et en ce moment, ce n’est pas le cas à la Pointe-de-l’Île. Le projet était intéressant, on ne le juge pas, on ne le déprécie pas, mais ce n’est pas envisageable tel qu’il est», indique le ministre Barrette, joint au téléphone par TC Média.

Yvan Gendron, président-directeur général du CIUSSS de l’est de Montréal, signale de son côté qu’il était également question d’avoir accessibilité aux lits plus rapidement.
«Les infrastructures sont déjà là, l’expertise aussi, il n’y aura pas des coûts supplémentaires alors cela a aussi fait pencher la balance du côté des hôpitaux où on aura également 28 lits de plus plutôt que les 20 proposés à la Pointe-de-l’Île.»

Il ajoute que les services de soins palliatifs à domicile seront aussi augmentés au cours des prochaines années.

«Présentement 1000 personnes peuvent bénéficier de ce service. Nous croyons que c’est mieux de recevoir ces soins à domicile alors nous mettrons des efforts dans ce sens au cours des prochaines années».

Autant M. Barrette que M. Gendron ont salué la mobilisation et la contribution de la communauté de la Pointe-de-l’Île dans ce dossier.

Avec les 16 lits de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, le CIUSSS de l’est de Montréal dispose d’un total de 72 lits en soins palliatifs pour répondre aux besoins de sa population.

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