Une progression modeste pour la ligne 81, qui relie RDP et PAT

Une progression modeste pour la ligne 81, qui relie RDP et PAT
Photo: Amélie Gamache / Métro MédiaLa ligne 81 relie la zone commerciale des alentours du Centre Communautaire Roussin, près de la place du Village à Pointe-aux-Trembles, et le futur Espace-Rivière, à l’intersection des rues Perras et Rodolphe-Forget à Rivière-des-Prairies.

Sept mois après sa mise en service, la ligne d’autobus 81, qui assure le lien entre Rivière-des-Prairies et Pointe-aux-Trembles via le boulevard Saint-Jean-Baptiste, reste peu utilisée.

Environ 400 personnes par jour ont effectué un déplacement à bord de la ligne 81 au cours du mois de février 2019, ce qui correspond à une moyenne d’environ six passagers par voyage.

Lors de deux trajets effectués pendant l’heure de pointe du soir, le mardi 19 mars, notre journaliste a compté seulement six embarquements après le départ de 17h03 en direction nord. Lors du voyage de 17h40 en direction sud, neuf personnes sont montées à bord.

L’impopularité du nouveau service n’inquiète toutefois pas Philippe Déry, conseiller corporatif aux Affaires publiques à la Société de transport de Montréal.

« L’achalandage croît, en moyenne, de 5,7 % par mois depuis le lancement de la ligne, illustrant que le potentiel d’achalandage n’est pas encore atteint, assure-t-il. Une ligne peut prendre jusqu’à deux ou trois ans avant d’atteindre son niveau de maturité. »

La progression, constante mais modeste, a également été constatée par Giulio Cavallero, au volant de la 81 depuis le mois de janvier, qui souligne que les trajets correspondant aux heures de début et fin des classes sont un peu plus occupés.

« Les gens font surtout de courtes distances, affirme-t-il. Mais la ligne est tranquille, peut-être que les citoyens ne connaissent pas encore le service. »

Un petit sondage mené sur la rue et à bord d’un autobus de la ligne 86, qui circule dans le même secteur, semble confirmer la théorie de M. Cavallero. Plus de la moitié de la vingtaine de personnes interrogées ignorait que la nouvelle ligne avait été mise en service, plusieurs d’entre eux n’étant toutefois « pas du tout » des utilisateurs du transport en commun.

Des habitudes à changer
L’arrivée de la ligne 81 visait notamment à faciliter l’accès pour un plus large bassin de population à de nouveaux emplois dans le secteur industriel, et à modifier les habitudes des employés actuels.

« Ce type de captation de clientèle de transport collectif est lente, mais pérenne, souligne Philippe Déry. Pour ces raisons, il est difficile de comparer la situation de la ligne 81 avec d’autres lignes du secteur » au niveau de l’achalandage.

La croissance sur cette ligne s’effectue toutefois alors qu’une relative stabilité dans la demande en transport collectif pour le secteur est observée, ajoute-t-il.

C’est le cas pour l’achalandage sur la ligne 86, qui circule également sur Saint-Jean-Baptiste, mais couvre un territoire beaucoup plus large. Plus de 2000 personnes par jour en moyenne y sont montées au cours du mois de février 2019, soit cinq fois plus qu’à bord de la 81.

S’ils ont moins nombreux, les utilisateurs de la nouvelle ligne rencontrés se réjouissent du service.

« Vrai que je suis quelquefois toute seule dans l’autobus, mais de moins en moins souvent, estime Nathalie Bernier, une passagère quotidienne depuis le mois de septembre. Mais je suis bien contente que cela existe, je sauve un bon vingt minutes entre la maison et le travail par rapport à avant. »

La mise en place de la ligne 81 fait suite à une mobilisation, menée par les Corporations de développement communautaires de la Pointe et de Rivière-des-Prairies, qui a mené, en avril 2017, à une soirée publique sur le transport en commun.

Près de 200 citoyens se sont alors réunis à Pointe-aux-Trembles, en présence de représentants de la STM, pour revendiquer une meilleure offre de transport en commun. Une pétition avait alors été lancée, et celle-ci a recueilli plus de 1200 signatures.

Une autre pétition, plus récemment mise en ligne sur le site de l’Assemblée Nationale du Québec avant d’être déposée le mois dernier, a recueilli 1006 signatures.