Rivière-des-Prairies

Un programme d’intervention pour enfants qui remporte un grand succès

Un programme d’intervention pour enfants qui remporte un grand succès
Photo: Gracieuseté

L’organisme de Rivière-des-Prairies Boscoville travaille depuis trois ans sur un programme d’intervention pour les enfants de 6 à 12 ans qui ont vécu de lourds traumatismes et vivent dans les centres jeunesse. À la vue des résultats très positifs, le programme va prochainement être adapté pour les adolescents.

Adapter l’intervention auprès des enfants à leur vécu, c’est la mission du programme Pingouin créé par Boscoville. Depuis deux ans, cette nouvelle approche est en expérimentation dans sept Centres Intégrés de santé et de services sociaux (CISSS) et Centres intégrés universitaires de santé et de services sociaux (CIUSS) en Montérégie, en Outaouais, au Saguenay, en Estrie, en Gaspésie, en Abitibi ou encore dans le Bas-Saint-Laurent.

« Le programme Pingouin donne de tellement bons résultats chez les 6-12 ans qu’on est en train de le développer pour les adolescents qui sont dans les centres jeunesse », confirme Nicolas Fréchette, un des quatre fondateurs et chargé de projet. L’expérimentation commencera à l’automne.

Pour le moment, 90 éducateurs ont été formés au programme Pingouin et 80 enfants, entre 6 et 12 ans, en bénéficient. Un programme qui fait déjà ses preuves, selon M. Fréchette. En apportant une approche « plus positive, plus bienveillante envers les enfants, ça fait en sorte qu’on est moins dans l’approche punitive, ça créé un climat beaucoup plus positif et les éducateurs voient vraiment une plus valu à faire ça », explique Laurie Prud’Homme, responsable des communications chez Boscoville.

Mieux comprendre l’histoire de l’enfant

Selon M. Fréchette, « tous les enfants qui sont en centre jeunesse ont vécu des évènements traumatiques, ils ont tous vécu de la négligence ou des abus ». La mise en place de ce programme d’intervention vient souligner l’importance « d’être sensible à la réalité de chaque enfant, être sensible au fait que chaque enfant a vécu des choses difficiles et de répondre par rapport à ce besoin qu’il a vécu et non pas sur son comportement », ajoute-t-il.

Par exemple, lorsqu’un enfant montre un comportement agressif, l’intervenant va chercher à comprendre pourquoi et d’où vient cette agressivité en adoptant ensuite une approche plus chaleureuse avec l’enfant afin de le calmer. « On a l’habitude d’agir sur le comportement sans prendre en compte le passé de l’enfant. En sachant son histoire, on comprend mieux certains comportements des enfants », atteste Nicolas Fréchette.

Aider les enfants, mais aussi les intervenants

« Ça amène un changement de culture avec cette approche, parce que ça fait en sorte que ça crée une différence dans la philosophie et dans la vision de l’intervention en tant que telle », soutient-il. Un impact positif qui est important sur les intervenants, car l’approche Pingouin permet de comprendre que le comportement agressif que l’enfant peut avoir n’est pas envers eux, mais « à cause d’un traumatisme qu’il a vécu ».

Outre la formation qu’ils donnent, les quatre agents de Boscoville offrent également une formation continue en se déplaçant dans les centres qui expérimentent leur programme. Grâce au bouche-à-oreille, le programme fait de plus en plus parler de lui et Boscoville reçoit de nombreuses demandes pour former de nouveaux intervenants.

Ancien centre de jeunesse, Boscoville développe, depuis sa réouverture en 2001, des pratiques d’interventions pour les milieux, forme et accompagne CISSS et les CIUSS partout « où il y a des enfants » au Québec.