Rivière-des-Prairies
07:51 2 septembre 2014 | mise à jour le: 21 novembre 2014 à 11:36 temps de lecture: 5 minutes

Risque de fusion des PDQ 45 et 49

Dès cet automne, la gouvernance des postes de quartier 45 de Rivière-des-Prairies et 49 de Pointe-aux-Trembles sera assurée par un seul commandant. Les dirigeants du Service de police de Montréal songent même à fusionner les deux postes à un seul endroit, selon ce qu’a appris l’Informateur.

Si la fusion va de l’avant, les 109 policiers du nouveau poste de quartier couvriront le plus grand (54,92 km2) et le plus populeux (113 000 résidents) territoire du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

En comparaison, les 104 policiers du PDQ 7 de Saint-Laurent couvrent 42,8 km2, soit le plus grand territoire pour l’instant. De leur côté, les 122 policiers du PDQ 26 de Côte-des-Neiges sont au service de 100 000 résidents.

« On se questionne sur la façon d’offrir un meilleur service, explique Pierre Cadieux, assistant-directeur au SPVM. Nous regardons les différents scénarios. Nous cherchons une plus grande robustesse et une plus grande souplesse. »

M. Cadieux assure que les particularités des deux régions ainsi que les inquiétudes des partenaires seront prises en compte dans sa décision. Il promet qu’une tournée de consultation auprès des organismes concernés sera entreprise d’ici les deux prochaines semaines.

« Je veux prendre leur pouls, mais aussi réfléchir avec eux », explique-t-il.

Un PDQ, un arrondissement

M. Cadieux se veut rassurant. En cas de jumelage, aucun effectif ne sera supprimé et les quatre agents sociocommunautaires seront toujours en poste. Le temps de réponse ne sera pas, non plus, affecté puisque les trajets de patrouille seront sensiblement les mêmes.

M. Cadieux estime que la fusion permettra une meilleure présence sur le terrain. La fusion permettra aussi une plus grande flexibilité et une centralisation de l’expertise des policiers, selon lui.

« Nous aurons une plus grande variété de patrouilles. On pourra mettre des agents à vélo, à pied et en auto. Les postes de quartier sont trop petits pour faire des projets locaux : le PDQ 49 n’a même pas de module d’action par projet (MAP). En ce moment, nous n’avons pas de marche de manœuvre. Par exemple, s’il y a un problème dans un secteur, je veux pouvoir affecter deux duos en permanence pour assurer une meilleure présence ou pouvoir faire des blitz », fait valoir M. Cadieux qui se défend d’envisager la fusion pour des questions purement budgétaires.

« Je ne m’en cache pas, je profite d’une opportunité puisque les deux postes de quartier sont en fin de bail. La fusion permettrait d’avoir un seul local, mais aussi un seul commandant et une seule secrétaire », explique-t-il.

Il soutient par ailleurs qu’une délocalisation du poste de quartier n’affecterait pas l’accessibilité aux policiers puisque la plupart des communications se font désormais par téléphone ou par Internet. Une source policière indique cependant que chaque jour, de 5 à 30 citoyens se présentent au comptoir du PDQ 45.

Malgré la fusion prochaine des PDQ 37 et 38, celle possible des PDQ 45 et 49 et la disparition d’en moyenne un poste par année depuis 1997, ces jumelages ne traduisent pas une tendance de fond au SPVM, selon M. Cadieux.

L’assistant-directeur infirme également les rumeurs voulant que le nouveau poste de quartier soit situé à Pointe-aux-Trembles. Le terrain n’aurait d’ailleurs pas encore été identifié. Il mentionne toutefois avoir les plans d’agrandissement de l’actuel PDQ 49 en main.

« La fusion demandera des travaux ou peut-être même la construction d’un nouveau poste, ce qui prendra des mois », affirme-t-il.

Fusion du commandement

Si la fusion des postes semble toujours à l’état embryonnaire, il en va autrement de celle de la fonction de commandant qui sera effective dès le 15 octobre.

Denis Carignan, à la tête du PDQ 49 depuis environ un an, a déjà été désigné pour prendre les commandes. De son côté, Jean O’Malley qui a été lieutenant au PDQ 45 avant d’en accepter le commandement en 2010, sera affecté à d’autres tâches.

« J’avais deux excellents commandants très axés sur la communauté. Ils ont développé de bons réseaux et j’en suis très fier. Mais, je devais faire un choix », admet M. Cadieux.

C’est sans doute l’expérience de M. Carignan qui a fait pencher la balance en sa faveur. Commandant depuis 11 ans, il a 29 ans d’expérience dans la police. Il a servi dans plusieurs postes de quartier, dont ceux de Montréal-Nord, qui ont des problématiques semblables à Rivière-des-Prairies, selon M. Cadieux.

« Il a une approche aux citoyennes irréprochables et il est très habile avec les relations humaines. C’est ce que je recherche », a dit M. Cadieux.

Selon lui, le taux d’encadrement est trop élevé.

« Je ne veux plus de quatre policiers pour un superviseur. J’estime que le regroupement du commandement offrira un meilleur service à la clientèle et une plus grande force d’intervention », affirme-t-il.

En ce moment, le PDQ 45 compte 53 policiers dont deux agents sociocommunautaires, une lieutenante, un agent affecté à la circulation, une responsable de la violence intrafamiliale et deux enquêteurs, dont un spécialisé dans les cas impliquant des mineurs.

De son côté, le PDQ 49 compte 56 policiers, soit un lieutenant, deux agents sociocommunautaires (dont une qui s’occupe aussi de la violence intrafamiliale) et un enquêteur.

Le PDQ 45

53 policiers

61 000 résidants

23,42 km2

Le PDQ 49

56 policiers

52 000 résidants

31,5 km2