Montréal
18:38 9 novembre 2020 | mise à jour le: 9 novembre 2020 à 19:16 temps de lecture: 4 minutes

Les défis d’une mère pour obtenir un stationnement pour handicapés

Les défis d’une mère pour obtenir un stationnement pour handicapés
Photo: Jason Paré/Métro MédiaGeneviève Masson et ses jumeaux, Marius et Léonard.

Obtenir un stationnement réservé pour personnes handicapées n’est pas de tout repos, a réalisé une mère de Rosemont.

La vie de Geneviève Masson a été chamboulée lorsqu’elle a donné naissance à ses jumeaux, Marius et Léonard, atteints du syndrome du X Fragile.

«[Le syndrome] affecte diverses sphères de leur développement. Ce qui fait que mes petits garçons de 4 ans et demi ont parfois six mois d’âge mental, parfois deux ans», explique-t-elle.

Avec son conjoint, elle s’efforce de passer à travers les dédales des services administratifs en vue d’obtenir un stationnement réservé sur la rue Molson. Une demande qu’elle justifie par la mobilité restreinte des deux garçons et la rareté des stationnements dans son secteur, surtout depuis l’aménagement du REV sur la rue de Bellechasse.

Tout commence en 2018 avec une demande à la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) pour une poussette spécialisée double. Tout le long du processus, une certaine confusion règne.

«La RAMQ ne pouvait pas faire un dossier pour deux personnes, raconte Mme Masson. Donc, on a fait une demande pour Léonard et une pour Marius. […] La RAMQ a demandé à un moment donné, pourquoi Marius a besoin d’une poussette double, alors qu’il est un individu unique.»

La même question est posée par la suite lors de l’étude du dossier de Léonard. La RAMQ ne réalise pas que Marius et Léonard sont des frères, ce qui ralentit les démarches. Ce n’est donc qu’à la fin de l’été 2020, un an et demi plus tard, que le couple obtient enfin la poussette spécialisée, un prérequis pour faire une demande de vignette pour personnes handicapées à la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ).

À cette étape, l’évaluation du dossier est rapide, autour d’un mois, dit Mme Masson.

Elle contacte avec l’arrondissement de Rosemont. On l’informe alors qu’un délai de quatre à six mois est nécessaire pour traiter son dossier, ce qui oblige le couple à passer un autre hiver sans stationnement.

De longs délais

La présidente du Regroupement des activistes pour l’inclusion au Québec (RAPLIQ), Linda Gauthier, n’est pas surprise par l’histoire de Geneviève Masson.

Elle explique ces difficultés par la volonté de la Ville à retrancher le plus possible le nombre de stationnements disponibles, peu importe la condition du demandeur. Elle admet que c’était déjà difficile avec les administrations précédentes, mais «l’allergie aux voitures» des élus de Projet Montréal ajoute des défis supplémentaires d’après l’ancienne candidate d’Équipe Coderre.

Des son côté, l’arrondissement assure que leurs «équipes déploient tous les efforts pour analyser les demandes le plus rapidement possible», le délai variant selon les cas et différents facteurs, comme les demandes incomplètes, le grand volume des requêtes, la période de l’année, les urgences et les contraintes hivernales.

«En ce moment, je trouve que c’est très difficile d’habiter à Montréal. Tous les délais sont longs, tout est compliqué.» – Geneviève Masson

De récents travaux sur les rues Molson et de Bellechasse ont compliqué la situation des parents des jumeaux, puisque l’autobus scolaire ne pouvait pas se rendre jusque à la maison. L’embarquement se faisait donc deux coins de rue plus loin.

La mère tient à préciser qu’elle n’a rien contre le REV. Au contraire, elle préfère elle-même circuler en vélo, la voiture étant surtout une nécessité depuis la naissance de ses enfants.

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