66 familles sans garderie
La CSDM a annoncé à son locataire son intention de résilier le bail afin d’accueillir de nouveaux élèves, il y a près de deux ans. À partir de ce moment, Les Gardelunes, qui cherchait déjà un espace pour ouvrir une deuxième succursale, a donc concentré ses énergies à dénicher un endroit pouvant l’y accueillir.
« On avait déjà exploré deux sites sérieux, mais qui sont tombés à l’eau. On a même envisagé, à contrecœur, de s’installer au Ligori sur le bord du Métropolitain. Ce n’était pas idéal, mais comme il fallait déménager, [on y a pensé] », ajoute Simon Piotte, directeur de l’établissement.
Un édifice à transformer
Après des mois de recherche, les administrateurs ont finalement trouvé la perle rare au 6789, rue Saint-André.
« C’est un petit miracle ce qu’on a accompli : trouver un édifice convenable qui n’est pas trop loin, pour lequel le ministère concède de défrayer les coûts et que l’arrondissement accepte d’en changer la vocation (usages permis). Malgré toutes les difficultés, on a réussi. Tous les partenaires se sont mobilisés pour limiter les délais. On s’enligne pour que tout soit prêt en septembre ou octobre, soit quatre mois après l’échéance de notre bail », plaide Stéphane Ross, président du conseil d’administration.
Le CPE a donc adressé une demande de sursit à la CSDM, le temps que les travaux de réaménagement soient complétés pour éviter de devoir déménager provisoirement. Celle-ci a été refusée.
« Déplacer un CPE, c’est une tâche herculéenne. Encore plus quand c’est pour quelques mois Si c’était facile, ça ferait longtemps qu’on serait parti! On ne parle pas d’un entrepôt d’enfants », expose M. Ross.
Non au délai
Du côté de la CSDM, le commissaire scolaire Kenneth George soutient qu’on ne peut pas retarder les travaux à Saint-Arsène.
« On est tanné de refuser des élèves. L’an passé, la directrice nous a demandé d’ouvrir une classe additionnelle, ce qu’on n’a pas pu faire, faute de place », explique-t-il, insistant sur le fait que l’avis d’éviction a été émis il y a plus de deux ans.
S’il concède que cette situation constitue un « désagréable problème », il indique que différentes pistes de solutions ont été proposées aux Gardelunes, notamment l’occupation de locaux d’autres écoles du quartier, pour la période estivale. Toutefois, dans ce cas-ci, les locaux devraient être libérés pour la rentrée des classes, début septembre.
« Les objectifs du CPE et de la CSDM sont conciliables. Ça va demander de l’adaptation. Une proposition va leur être soumise dans les prochains jours.
« La date d’éviction est maintenue. Le processus est déjà commencé, qu’il s’agisse de la visite des professionnels ou de l’élaboration des plans et devis. Les travaux de réfection débuteront en juillet », a laissé savoir M. George.
Au moment de mettre sous presse, la teneur de cette proposition demeurait inconnue.
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Variation de la population de Saint-Arsène
Voici l’évolution de la population des élèves à l’école Saint-Arsène dans les trois dernières années: 2011 : 360 2012 : 380 2013 : 402
Inquiétude chez les parents
« Si le CPE doit fermer, ça va être difficile. Ça m’inquiète. On va essayer de trouver une place temporaire au privé, mais on n’a pas encore commencé les recherches. On a des grands-parents qui pourraient peut-être aider un ou deux journées par semaine, ou je pourrais peut-être réarranger mon horaire pour travailler de soir. Ce n’est pas l’idéal », soutient Annie Chevrette, mère de deux enfants au CPE Les Gardelunes.
« Ça ne m’affecte pas vraiment, car ma blonde peut rester à la maison puisqu’elle est en congé de maternité. En même temps, si le CPE doit fermer, ça m’amène à me poser des qestions à savoir s’il faut changer de garderie », fait valoir Romain Leroux, un parent rencontré alors qu’il reconduisait son enfant aux Gardelunes.
« C’est une situation qui m’inquiète. Je n’ai pas encore commencé à regarder mes options. Avec des jumeaux, ça risque d’être difficile. On n’a pas de grands-parents qui peuvent nous aider : certains sont encore sur le marché du travail et d’autres habitent à l’étranger. Pour notre part, ma conjointe et moi sommes des professionnels (médecin et avocat), ça risque d’être particulièrement compliqué », expose Roberto Godoy.