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Visite de la pouponnière des papillons

Beauchemin Philippe - TC Media
Dans quelques jours – dès le 14 février – des centaines de papillons voleront dans la grande serre du Jardin botanique de Montréal. À l’aube de Papillons en liberté, événement phare offert par l’Insectarium de Montréal, nous avons visité ce qui est de mise d’appeler la pouponnière des papillons; un lieu unique où les cocons s’ouvrent les uns après les autres, jour après jour, donnant « naissance » à ces insectes aux ailes multicolores.

Dans un local de l’Insectarium, des dizaines de petits cubicules sont alignés. Si dans certains on retrouve des mantes religieuses ou des scarabées, la majorité de l’espace est occupé par des cages où sont accrochées des centaines de chrysalides (cocons). En rangées, aux couleurs multicolores, certaines s’ouvrent tranquillement, laissant poindre le bout des ailes ou la tête d’un papillon.

Jusqu’au 28 avril, dernier jour de Papillons en liberté, c’est plus de 15 000 papillons qui sortiront ainsi des chrysalides en provenance des fermes d’élevage d’une dizaine de pays avec lesquelles font affaire les responsables de l’événement.

« Quand un lot arrive aux douanes, il n’y a pas de temps à perdre. On doit rapidement aller les récupérer, parce que certains papillons sont proches d’émerger. Stéphane Le Tirant (conservateur, responsable des collections de l’Insectarium et cocréateur de Papillons en liberté) et Pierre Veilleux (technicien en entomologie) font des allers-retours jours et nuit à l’aéroport pour aller chercher les boîtes de chrysalides », laisse savoir Maxim Larrivée, entomologiste à l’Insectarium de Montréal.

M. Veilleux, présent lors de notre visite, explique les étapes suivant l’arrivée à l’Insectarium des chrysalides : « On doit les accrocher à la verticale, certaines espèces la tête vers le bas, d’autres vers le haut. Une fois éclos, les papillons s’échauffent les ailes, les ouvrent, les referment, faisant circuler tout le liquide intérieur vers leurs extrémités, amplifiant leur volume. Au bout de quatre à cinq heures, les papillons ont atteint leur pleine mesure et commencent à s’activer et voler. On les met alors dans une cage de transport isolée et on les apporte dans la grande serre du Jardin. »

Si certains papillons naissent avec tous les attributs buccaux pour se nourrir et ainsi s’alimenter et voler allégrement pour quelques semaines, d’autres n’ont pas cette chance. Ils n’ont donc que quelques jours pour trouver un partenaire et se reproduire, avant de mourir. La reproduction est d’ailleurs l’activité principale des papillons, indique le technicien. « C’est le but premier : trouver un partenaire, s’accoupler pour assurer la survie de l’espèce. Les femelles sont d’une importance majeure chez les papillons. Il y a environ sept mâles pour une femelle et, chez certaines espèces, c’est 20 pour une. Elles sont précieuses. »

Au terme de Papillons en liberté, c’est plus de 20 000 papillons qui auront volé dans la grande serre. Si la plupart sont arrivés à l’Insectarium à l’état de chrysalide, notons tout de même que quelques centaines de papillons proviendront des œufs pondus au fils des semaines et des chenilles qui en seront sorties. Une occasion unique de voir cet insecte dans toutes ses phases d’évolution, laisse savoir les responsables.

Place aux monarques

Cette année, le papillon monarque est la grande vedette de l’événement. Papillon fort populaire et reconnaissable entre tous par ses ailes orangées, sa migration du Québec au Mexique est bien connue des amateurs. Par contre, même s’ils sont fort nombreux, les populations de monarques sont en déclin depuis les années 1990, en raison principalement de la destruction de leurs habitats et de l’utilisation de désherbants qui élimine ou fait fortement reculer l’asclépiade, une plante essentielle à la ponte des œufs des monarques Papillons en liberté permettra d’ailleurs aux visiteurs d’apprendre à faire son propre jardin à papillons grâce à la plantation d’asclépiade ou d’autres plantes hôtes sur lesquelles les femelles monarques pondent leurs œufs.

– Papillons en liberté : www.espacepourlavie.ca

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