Falardeau aux Oscars avec Monsieur Lazhar
Les autres films retenus sont ceux du Belge Michael R. Roskam, (Bullhead), de l’Iranien Asghar Farhadi (A Separation), de l’Israélien Joseph Cedar (Footnote) et de la Polonaise Agnieszka Holland (In Darkness).
Rosemont – La Petite-Patrie est plus qu’à l’honneur, avec la présence également de Patrick Doyon dans la catégorie Film d’animation avec son cort-métrage Dimanche.
Lors de la période de question réservée aux journalistes, les premiers mots de Philippe Falardeau ont été les suivants : « Je me sens comme un joueur de hockey; je n’arrive pas à dire autre chose que « incroyable » et « indescriptible ». Mais c’est vraiment ça! »
C’est en mangeant des céréales Lucky Charms et en faisant les cent pas dans un condo en Utah, là où son film est présenté dans le cadre du festival Sundance, que le cinéaste a appris sa nomination.
« J’ai couru et sauté comme un bébé, avoue-t-il. Si vous m’aviez dit que Monsieur Lazhar, un film au budget plutôt modeste, avec un regard émotif et intimiste, côtoierait un jour les méga-productions d’Hollywood, j’aurais trouvé cette idée grotesque. Ironiquement, je n’ai jamais rêvé de ce moment. Moi, je voulais juste faire des films pour l’amour du cinéma. Mais là, oui, évidemment, j’y pense. »
Dans les semaines qui ont précédé le temps des fêtes, les gens étaient nombreux à l’entrée du cinéma Beaubien, là où le film a enregistré les meilleures entrées de toutes les salles du Québec. Maintenant, voilà que les gens d’Hollywood tombent également sous le charme de Monsieur Lazhar.
Quand on lui demande d’expliquer le succès et le lien entre l’amour de ce film pour les gens d’ici comme pour ceux de Los Angeles, Philippe Falardeau répond : « Je n’en ai aucune idée! Ce serait intéressant de faire analyser ça par des spécialistes, parce qu’on ne peut pas faire de lien entre le quartier (Rosemont) et Hollywood. Ce qui explique en partie le succès ici comme ailleurs du film, je pense, c’est la charge émotive des enfants et le jeu d’acteur de Mohamed (Fellag) dans le rôle principal. Je veux d’ailleurs le remercier pour tout ce qu’il a apporté au film. »
Il faudra maintenant attendre le 26 février pour savoir si Monsieur Lazhar sera couronné aux Oscars. D’ici là, M. Falardeau laisse savoir que le stress ne sera pas aussi grand que celui qu’il a vécu jusqu’ici.
« Les dernières semaines ont été éprouvantes, stressantes. Là, j’ai le cœur beaucoup plus léger. On verra maintenant…. Je viens de m’acheter une maison à Los Angeles… Mais non, ce n’est pas vrai! J’ai d’autres projets en tête, déjà, et je vais poursuivre dans ce chemin là, peu importe le résultat. »