Rosemont
12:32 2 novembre 2015 | mise à jour le: 2 novembre 2015 à 13:33 temps de lecture: 6 minutes

Près de 26M$ pour le futur chantier de la Plaza Saint-Hubert

Près de 26M$ pour le futur chantier de la Plaza Saint-Hubert
Photo: Isabelle Bergeron/Archives

La Ville de Montréal a annoncé prévoir une enveloppe de près de 26 M$ pour le chantier de réaménagement de la rue Saint-Hubert, attendu depuis des années. Les travaux pourraient commencer en 2018, mais la Ville de Montréal travaille toujours à peaufiner le projet avec ses différents partenaires pour éviter que le chantier ne se transforme en cauchemar pour les commerçants.

Difficile d’obtenir des réponses précises pour le moment quant aux étapes du chantier à venir.

Cependant, dans un document dévoilé le 21 octobre, la Ville de Montréal indique que les plans et devis devraient être réalisés en 2017, permettant de débuter les travaux l’année suivante.

«Aujourd’hui, nous sommes en phase de conception du projet et tout le travail se fera en concertation avec les commerçants. L’échéancier visé est celui-ci, mais si les commerçants décident demain matin que l’on intervienne en 2018 plutôt qu’en 2017, on va répondre à leurs besoins», explique Aref Salem, responsables des Transports au comité exécutif de la Ville de Montréal.

Impossible également de prédire la durée du chantier.

«Je ne fais pas de pari. Dès qu’on ouvre une rue à Montréal, on ne sait jamais ce que l’on va trouver»-Le maire de Rosemont–La Petite-Patrie, François Croteau.

L’enveloppe de près 26 M$ pourrait aussi être modifiée. «C’est une réserve d’argent que nous avons dû inscrire dans le Programme triennal d’immobilisation 2016-2018, mais sans concept final et sans appel d’offres, nous ne pouvons pas dire exactement combien cela va coûter», ajoute M. Salem.

Multiples interventions

Le responsable des transports assure toutefois que le budget couvrira l’ensemble des interventions.

Les premiers travaux cibleront la réfection des conduites d’aqueduc et d’égout, de la rue centenaire entre le tronçon de Bellechasse et Jean-Talon.

«La désuétude de ces infrastructures résulte en de nombreux bris, fuites, voire inondations. Une analyse de leur état actuel démontre que la majorité d’entre elles doivent être remplacées», peut-on lire dans le document dévoilé par la ville-centre.

Mais, d’autres acteurs devraient profiter de l’ouverture complète de la rue pour mettre à jour leurs installations.

«On ne veut plus répéter ce qui s’est passé sur le boulevard Saint-Laurent et l’avenue du Parc. On travaille sur une planification intégrée où l’on envoie un message à nos partenaires pour leur dire d’intervenir en même temps. On ouvre une fois pour toutes. Après, ils ne pourront plus faire de travaux sur la rue», note M. Salem.

Bell Canada, Vidéotron, Hydro-Québec ou encore Gaz Métropolitain sont autant d’acteurs qui pourraient se greffer au projet, chacun devant se mettre d’accord sur un calendrier d’intervention.

Les 900 mètres de rues seront ouverts par tronçon, les uns après les autres pour ne pas paralyser l’ensemble de l’artère commerciale.

Une fois les travaux souterrains complétés, la Ville procédera à un réaménagement de la Plaza.

«J’aimerais que les travaux arrivent et se terminent rapidement. Une fois qu’ils seront terminés, on aura une rue prête à aller de l’avant pour bien répondre aux besoins de la clientèle», conclut Mike Parente, directeur de la Société de développement commercial de la Plaza Saint-Hubert.

Une épée de Damoclès

«Ces travaux vont être un très grand joueur et vont dicter ce que la rue sera dans les années à venir», fait valoir, M. Parente.

«On savait que des travaux s’en venaient, mais on voulait venir sur la Plaza. Pour autant, cela ne sera pas agréable», explique Élyse Benoit, propriétaire de la librairie Parenthèse.

«C’est un mal nécessaire, ajoute Anne L’Espérance, des boutiques Belle et Rebelle et Petite Rebelle. Mais, il faut que cela soit bien fait, que l’on ouvre la rue et que l’on en parle plus.»

Soutien financier
Mme L’Espérance espère qu’un travail de concertation sera fait en amont avec les locataires, mais surtout avec les propriétaires de locaux pour envisager une aide financière.

«Il y a quelque chose qui se fera. On est très sensible à cette question de baisse d’achalandage pendant les travaux», assure Aref Salem, responsable du transport au comité exécutif de la Ville de Montréal.

Parmi les pistes avancées, le PR@M-Artère en chantier, annoncé récemment par le maire de Montréal, Denis Coderre.

Ce programme d’aide est dédié aux commerçants et propriétaires immobiliers commerciaux pendant des travaux majeurs d’infrastructures souterraines. Les SDC et les associations de commerçants répondant aux critères pourraient en bénéficier.

«Comme parti politique, nous avons parlé de réduire temporairement la taxe commerciale pour réduire le fardeau, ajoute de son côté, M. Croteau, élu de Projet Montréal. Nous n’avons pas le contrôle sur la taxation à part un petit champ fiscal mineur, mais c’est clair que c’est ce que l’on souhaiterait.»

Mme Benoit craint la longueur des travaux et dit avoir «peur que beaucoup de commerces ferment». «Tout est sur la glace pour le moment. On se demande si l’on garde des fonds comme coussin ou alors si on investit», atteste-t-elle.

Garder l’attractivité de la rue
En plus d’un soutien financier, les commerçants souhaitent que la Plaza garde une facette attractive, même quand les marteaux-piqueurs auront investi l’artère.

«95% de notre clientèle est à pied. Il faut leur permettre de venir magasiner, car on croit en la Plaza», estime la libraire.

«On a commencé avec la rue Saint-Denis et la terrasse rouge. On veut vraiment amener des actions concrètes pour continuer à avoir de l’achalandage dans les rues. On va venir avec un nouveau concept, mais je ne veux pas m’avancer aujourd’hui avant qu’il y ait une décision finale», poursuit M. Salem.

Quant au responsable de la SDC, il ne souhaite pas commenter le cas de la terrasse rouge, mais estime tout de même que quelque chose devra être fait pour «animer et dynamiser la rue même s’il y a des travaux.»