Montréal

Les organismes en petite enfance de Saint-Laurent face à une crise financière

Les organismes en petite enfance de Saint-Laurent face à une crise financière
Photo: Nouvelles Saint-Laurent News – Laurent LavoieUne vingtaine de parents, enfants et des représentants des organismes en petite enfance se sont rassemblés dans le stationnement du YMCA de Saint-Laurent.

Activités coupées, ressources humaines à bout de souffle: les organismes en petite enfance de Saint-Laurent lancent un appel à l’aide aux élus et aux bailleurs de fonds pour assurer la viabilité de leurs services, après avoir vu leur financement amputé par Québec. Un mouvement de solidarité a été lancé vendredi matin lors d’un événement festif.

Des parents, des enfants et les représentants des organismes en petite enfance se sont rassemblés dans le stationnement du YMCA de Saint-Laurent. Un autobus jaune symbolisant l’importance d’accompagner les jeunes élèves dans leur parcours scolaire y était stationné.

«Ce n’est pas un événement isolé. Ça vise à mobiliser les membres du COSSL [Comité des organismes sociaux de Saint-Laurent] et d’ailleurs, mais aussi les familles de Saint-Laurent», souligne Roxanne Milot, qui est sur le Comité Petite Enfance du Comité du COSSL.

La fin du programme de financement provenant du gouvernement provincial «Avenir d’enfants», soutenu aussi par la Fondation Lucie et André Chagnon, a porté un coup dur aux finances de cinq organismes. Annuellement, un total de plus de 366 000$ leur était versé.

Québec disposera de 45 M$ sur trois ans dès 2020 pour «poursuivre le soutien à la mobilisation locale et régionale».

«Une évaluation du Fonds pour le développement des jeunes enfants est en cours afin de cibler ce qui est le plus important à pérenniser. Ainsi, l’évaluation permettra d’apporter un éclairage sur les choix à faire», précise le ministère de la Famille.

Affiches sur autobus
Plusieurs petites affiches faisant état de la situation des organismes en petite enfance étaient collées sur l’autobus.

Coupes

Au Centre de pédiatrie sociale de Saint-Laurent, sur une dizaine activités, plusieurs ont vu leur fréquence ou leur nombre de places réduits ou ont été complètement coupées.

C’est le cas des activités de stimulation pour les jeunes qui sont en attente de diagnostic pour des troubles du spectre de l’autisme, qui est passée d’une douzaine d’enfants à quatre.

«Ce n’est juste plus tenable. Nos services sont menacés et on risque de les voir disparaître», déplore la directrice générale, Christine Durocher.

Portrait semblable à la Maison des familles, qui dispose d’un budget de base de 13 000$, et où les listes d’attente s’allongent, notamment pour la halte-garderie.

«Quand quelqu’un vous appelle ou rentre dans votre bureau et vous demande une place, et vous savez que vos groupes sont complets, humainement, c’est difficile», dit sa directrice Marie-Agnès Lebreton.

Charge de travail

Le peu de moyens financiers limite le nombre d’employés des organismes et la quête perpétuelle de subventions s’ajoute à la liste de tâches.

«Je n’ai pas d’adjointe administrative. J’assume la direction générale, mais aussi  la gestion des ressources financières et des ressources humaines», indique Mme Lebreton.

Saint-Laurent aurait la deuxième charge de travail la plus importante par organisme à Montréal avec 6000 citoyens, selon une étude menée par la Table de quartier de l’arrondissement Montréal-Nord.

Démographie

Alors que les offres de services sont en baisse, la population continue de croître. On compte environ 1 300 naissances à Saint-Laurent chaque année, selon le COSSL.

«Ça ne fait qu’augmenter la surcharge», dit Roxanne Milot.

La période 2011-2016 a représenté une croissance en immigration à Saint-Laurent de 22,4%, indique le recensement la population de 2016 de Statistique Canada.

Un mouvement de solidarité semblable avait pris forme il y a dix ans et avait mené à la création de la Maison des familles et au Centre pédiatrie.

En marge de la Grande semaine des tout-petits, qui a eu lieu du 17 au 23 novembre, le ministre de la Famille Mathieu Lacombe, qui n’était pas disponible pour une entrevue, a rencontré Marie-Agnès Lebreton et Christine Durocher en compagnie de la députée provinciale locale Marwah Rizqy.