Saint-Léonard
14:46 30 janvier 2020 | mise à jour le: 30 janvier 2020 à 14:46 temps de lecture: 4 minutes

Sports électroniques : l’Impact virtuel de Mehdi Benghalem

Sports électroniques : l’Impact virtuel de Mehdi Benghalem
Photo: Félix Lacerte-GauthierReprésentant maintenant l’Impact, Mehdi Benghalem a maintenant un maillot à son nom, ainsi qu’une manette personnalisée aux couleurs de l’équipe.

Depuis peu, l’Impact de Montréal compte un nouveau joueur originaire de Saint-Léonard. Mehdi Benghalem ne foulera pourtant pas la pelouse du Stade Saputo. C’est plutôt avec une manette de console de jeux vidéo qu’il défendra les couleurs du bleu-blanc-noir.

Également connu sous le pseudonyme mehdibob3, Mehdi a signé un contrat pour devenir le seul joueur de l’organisation en compétition de sport électronique (e-sport).

« J’aimais déjà l’Impact, mais c’est vraiment cool de les représenter officiellement maintenant, d’avoir le logo pour de vrai », s’enthousiasme-t-il lors de notre rencontre au Centre Nutrilait, le centre d’entraînement de l’Impact de Montréal.

Extension de la MLS (Major League Soccer) dans l’univers numérique lancé en 2018, la eMLS comporte actuellement 25 joueurs qui s’affrontent en utilisant la dernière version du jeu FIFA de EA Sports. Chacun représente un club.

Mehdi portera les couleurs du onze montréalais lors des compétitions de la eMLS League Series. Il sera d’ailleurs prochainement à Portland dans le cadre d’un tournoi, où il espérera faire oublier sa contre-performance à Philadelphie, au cours de laquelle il a terminé 21e.

Plus qu’un jeu d’enfant

Une carrière d’athlète professionnelle comporte son lot de déplacement et de voyage. Un aspect qui enthousiasme particulièrement le jeune joueur. « Je joue parfois contre des personnes qui ne parlent pas la même langue, mais on réussit à se comprendre. Ensuite, c’est bien de voyager et de pouvoir se rencontrer en personne. »

Le sport électronique gagne en popularité. Une manne dont veulent profiter les équipes professionnelles. Presque toutes les équipes de la MLS ont un joueur de eMLS.

« Comme pour n’importe quel joueur, on espère qu’il va bien performer et se rendre le plus loin possible, souligne Pierre-Luc Paiement, directeur principal partenariats de l’Impact de Montréal. Il joue aussi un rôle d’ambassadeur au sein de la communauté et de son développement. Le e-sport est encore en pleine effervescence, c’est assez nouveau au Québec. »

Bien qu’il représente l’équipe montréalaise, Mehdi n’a cependant aucune obligation de l’utiliser en tournoi. La seule exigence de la eMLS : les compétiteurs doivent avoir en tout temps un minimum de 3 joueurs de la MLS dans leur formation.

Pour sa part, Mehdi aime bien utiliser Barcelone, en raison notamment de la présence de Lionel Messi. « Je choisis parfois l’Impact, ils sont quand même très bons, mais c’est sûr que c’est plus difficile de les utiliser contre des équipes comme le Real Madrid ou Barcelone. »

Une passion

C’est vers l’âge de 11 ans, à travers le jeu FIFA 10, que Mehdi a découvert le monde des sports électroniques, jouant d’abord pour le plaisir aux différentes éditions de la franchise. « Quand j’ai commencé, je regardais d’autres joueurs très bons qui faisaient des vidéos, pour voir ce qu’ils faisaient de plus que moi et apporter des correctifs à mon jeu », se souvient-il.

Au gré des parties, il s’est amélioré. Au point où une carrière professionnelle devenait une réelle possibilité pour lui.

« EA Sport avait organisé des qualifications en ligne pour une compétition à FIFA 17, où il fallait un certain nombre de victoires pour représenter sa région, se rappelle Mehdi. Par la suite, j’avais pu jouer à mon premier tournoi, à Los Angeles. C’est là que j’ai réalisé que c’était possible d’en vivre. »

Sans dévoiler les chiffres exacts, l’équipe explique qu’un salaire est versé au joueur, peu importe ses performances. S’il gagne des bourses en tournoi, l’argent lui revient.

« Ce n’est pas encore dans les mêmes chiffres que pour les joueurs, mais j’imagine que ça va suivre éventuellement », avance Pierre-Luc Paiement.

Pour s’améliorer, Mehdi passe entre 3 h et 10 h chaque jour sur le jeu. « Mes entraînements sont des matchs contre d’autres joueurs qui sont à peu près de mon niveau, explique Mehdi. C’est l’occasion de tester d’autres tactiques et de voir si ça fonctionne mieux. »

Éventuellement, Mehdi devrait être présent lors des matchs à domicile de l’Impact afin de jouer contre les partisans. « Je pense que ça sera une belle expérience d’interagir et de jouer contre eux, s’enthousiasme-t-il. Le sport électronique grandit très rapidement, et je suis content de faire partie de l’aventure ! »

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