Filomena Rotiroti déplore le dépôt du projet de loi sur l'immigration à la veille des élections
Le système actuel de sélection des candidats à l’immigration date de 1968. Dans celui-ci, chaque demande est analysée, et ce, en fonction de sa date de réception. Un processus fastidieux qui, selon la ministre, favorise l’engorgement. Environ 80 000 dossiers seraient toujours en attente de traitement.
La nouvelle loi exigerait que les candidats remplissent une déclaration d’intérêt dans laquelle ils indiqueraient, entre autres, leur maîtrise du français, leur formation et leur parcours professionnel. Les candidats seraient ensuite classés par ordre de priorité. Le gouvernement choisirait parmi cette banque; une façon, selon lui, de mieux arrimer les immigrants aux besoins du marché du travail.
« Il y a des gestes significatifs dans ce projet de loi, reconnaît Mme Rotiroti, députée de Jeanne-Mance-Viger. Par contre, la ministre s’est engagée lors de sa nomination à déposer le projet à l’automne 2013. Or, elle le dépose à la veille du budget, à la veille d’une élection. Si elle avait vraiment voulu changer le sort des immigrants, elle l’aurait présenté beaucoup plus tôt pour nous permettre d’entendre les groupes en commission parlementaire et examiner le tout article par article. »
De plus, Mme Rotoroti souligne que le projet de loi ne se penche pas sur la question de la reconnaissance des acquis.
« C’est un très gros enjeu. On m’en parle régulièrement dans la circonscription », dit-elle en ajoutant que son propre projet de loi, déposé en mai 2013, prévoit entre autres une évaluation comparative des compétences pour que les candidats puissent connaître la valeur exacte de leur diplôme avant même de quitter leur pays d’origine.
Elle estime également que trop de questions demeurent sans réponse, notamment au niveau des critères d’évaluation des candidatures.
Un parfum de printemps électoral
Quelques jours après le dépôt du budget Marceau, la campagne électorale semble imminente. La députée de Jeanne-Mance-Viger est catégorique, elle sera, tout comme le Parti libéral, prête au moment du déclenchement des élections, et ce, malgré des sondages qui laissent entrevoir un gouvernement majoritaire formé par le Parti québécois.
« Il y a déjà eu des sondages qui prédisaient la mort du Parti libéral. Pourtant, nous avons eu 50 députés à l’Assemblée nationale », dit-elle.
Questionnée au sujet de la charte des valeurs québécoise, la députée de Jeanne-Mance-Viger a soutenu que celle-ci ne sera pas au cœur de la plateforme de son parti. Selon elle, c’est l’économie qui sera le véritable cheval de bataille des libéraux ce printemps.
« La charte, c’est un dossier de diversion orchestrée par le PQ pour prendre le pouvoir. Notre position sur la charte est claire et on va la réitérer pour ceux qui ne la connaissent pas. Mais je pense que le vrai débat n’est pas là. On va axer la campagne sur l’économie et l’emploi. On doit créer la richesse pour continuer à se payer tous nos services. »
Au niveau des enjeux à Saint-Léonard, Mme Rotiroti a souligné vouloir accorder une attention particulière au transport en commun, au soutien à domicile pour les aînés et aux services aux familles.