Saint-Léonard
20:20 10 août 2015 | mise à jour le: 13 août 2015 à 09:59 Temps de lecture: 5 minutes

Des poubelles aux frais des commerçants sur Jean-Talon Est

Des poubelles aux frais des commerçants sur Jean-Talon Est
Photo: Isabelle Bergeron/TC Media

 

L’arrondissement sévit contre la malpropreté sur Jean-Talon Est. Les restaurateurs de l’artère, auxquels l’arrondissement a demandé d’installer des poubelles et cendriers à l’extérieur, déplorent d’avoir à payer pour du nouveau mobilier.

Le mois dernier, 62 avis ont été envoyés aux commerces d’alimentation de l’artère commerciale, pour exiger l’installation à leur frais de poubelles et cendriers, conformément au règlement sur la propreté daté de 2008.

Or, quelques commerçants s’indignent de devoir acheter de nouvelles poubelles, puisque l’arrondissement a procédé au déplacement des poubelles publiques qui se trouvaient devant leur établissement, près du trottoir.

«Il y avait une poubelle juste ici devant, a fait remarquer un restaurateur lorsque TC Média l’a rencontré. Ils viennent juste de les enlever, on voit encore la trace», a-t-il lancé, une fois à l’extérieur.

Au printemps, les poubelles publiques fixées au sol ont graduellement été remplacées pour de nouvelles poubelles suspendues à des poteaux, au coût de 20 077$.

Selon Julie Blais, chargée de communication à l’arrondissement, l’envoi des avis aux commerçants et l’installation des nouvelles poubelles fait partie d’un ensemble de mesures pour assurer la propreté de l’artère commerciale. Des corvées de nettoyage et des actions  sensibilisation ont aussi eu lieu cette année.

«À la suite de plaintes et commentaires de citoyens, des constatations des différentes instances de l’arrondissement et de partenaires du milieu, plusieurs initiatives visant à favoriser la propreté sur l’artère ont été réalisées», précise Mme Blais, assurant que la propreté est au cœur des priorités de l’arrondissement.

Un modèle sur mesure
Au cours de la période où les commerçants ont reçu des avis, la Société de développement commercial (SDC) Jean-Talon Est, a proposé aux commerçants de faire les démarches afin de leur offrir un modèle sur mesure qui regrouperait déchets, recyclage et cendrier. L’organisation rappelle l’importance d’avoir un mobilier urbain uniforme.

Lors de différents entretiens avec TC Media au début du mois d’août, le directeur de la SDC Jean-Talon Est, Sylvain Tardif, disait étudier les possibilités auprès de différents fournisseurs. À la vue des premières soumissions, le prix du produit le moins cher pouvant regrouper les trois ouvertures variait entre 700 $ et 800 $.

«Ce qui est intéressant c’est d’avoir une certaine cohérence, un lien entre tout ça. Les commerçants pourront choisir s’ils veulent le modèle qu’on offre ou pas mais au moins ils auront le choix», soutient Sylvain Tardif, directeur de la SDC Jean-Talon Est.

Quelques commerçants rencontrés par TC Media, ayant accepté de donner leur avis sous le couvert de l’anonymat, jugent que ce montant est trop cher pour l’achat d’une poubelle et d’un cendrier.

«À ce prix-là, moi je vais aller m’acheter une poubelle et un cendrier séparément», a affirmé l’un d’eux.

Un autre restaurateur a déploré que la SDC ne se serve pas des cotisations des membres, qui varient de 300 $ à 2500 $ annuellement, pour acheter des poubelles adéquates ou assumer une partie du montant.

Possibilité de réduction de prix
L’Écoquartier, qui collabore avec la SDC, bénéficie d’une subvention de 8000 $ dans le cadre du programme Quartier 21 qui pourrait être utilisée afin de financer une partie des bacs.

Le nombre de bacs que les commerçants demanderont fera varier le prix du bac offert.

«C’est pas mal dans les prix. Avec la subvention, on peut offrir quelque chose d’abordable», affirme Paula Berestova, directrice de l’Écoquartier. D’ailleurs, la SDC bénéficiera d’un prix compétitif puisqu’elle achètera en grande quantité, rappelle-t-elle.

Toutefois, seuls les commerces situés dans la zone désignée par le programme Quartier 21, soit entre les boulevards Viau et Lacordaire, pourraient bénéficier d’un rabais. Les autres seraient alors forcés de payer l’entièreté du montant.

D’ailleurs, des rencontres entre les acteurs du projet sont toujours en cours afin de déterminer à la fois le modèle, son prix et la manière de choisir quels commerçants bénéficieront du prix à la baisse. La SDC a fait savoir par courriel à TC Media qu’un communiqué serait diffusé sitôt le modèle et le prix du bac choisi.

Délai raisonnable
Selon les avis reçus entre le 26 juin et le 7 juillet, les commerçants avaient 10 jours pour se procurer le mobilier requis. L’arrondissement dit toutefois s’être servi de ces avis pour «établir un premier contact avec les commerçants.»

«Des ententes sont alors prises entre l’arrondissement et les propriétaires pour le moment d’implantation», a laissé savoir Mme Blais.

Selon la chargée de communication à l’arrondissement Maude Chartrand, des actions concertées entre la SDC et l’arrondissement ont eu lieu pour sensibiliser les commerçants à cette réglementation, depuis plus d’un an. «Les commerçants ont vraiment été rencontrés en personne, ils étaient avertis bien avant que les avis ne soient envoyés», précise-t-elle.

Les propriétaires visés par ces mesures sont ceux des bâtiments où se trouve un commerce dans lequel on vend des aliments, breuvages, bonbons, sandwichs ou autre, pour consommation sur place ou à l’extérieur.

Ces derniers doivent installer poubelle fixée solidement au sol ou à la bâtisse. Les restaurants ou établissements qui servent des boissons alcoolisées de même que les bâtiments de plus de quatre étages doivent se munir d’un cendrier par entrée.

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