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Exposition Les Impatients: art et santé mentale

Le directeur général des Impatients, Frédéric Palardy, la présidente fondatrice de l’organisme, Lorraine Palardy, la responsable de la Collection des Impatients, Karine Philippon-Raymond, et la directrice générale et artistique du 1700 La Poste, Isabelle de Mévius, dans la galerie. Photo: Métro Média - Lila Maitre

Pour souligner les 30 ans de l’organisme Les Impatients, la galerie 1700 La Poste accueille jusqu’au 19 juin les œuvres d’artistes aux prises avec des problèmes de santé mentale, créées dans le cadre d’ateliers de production artistique organisés par l’organisme dans divers centres de Montréal et du Québec. 

Dans sa salle principale et sa mezzanine, la galerie d’art de Griffintown, le 1700 La Poste, a recouvert ses murs d’œuvres d’artistes en marge de la sphère traditionnelle artistique. Ces derniers ont participé à des ateliers, dont le processus se rapproche de l’art thérapeutique.

«Les Impatients, c’est la volonté d’accueillir des gens qui ont des problèmes de santé mentale et de leur offrir des ateliers d’accès à la création avec la peinture et le dessin», explique la présidente fondatrice de l’organisme, Lorraine Palardy, qui a accompagné la création de l’organisme en 1992, qui s’inspirait d’un projet pilote d’atelier artistique en collaboration avec l’Institut en santé mentale de Montréal.

Œuvre sans titre de l’artiste Marie-Reine Bourgeois – Gracieuseté/Les Impatients

En 30 ans, Les Impatients ont développé une vingtaine d’autres lieux d’ateliers de création répartis dans la province. À Montréal, on en retrouve au centre-ville, à Pointe-aux-Trembles, au CHUM, à Côte-des-Neiges, à Hochelaga-Maisonneuve et à l’Institut universitaire en santé mentale Douglas à Verdun. Régulièrement, ils accueillent plusieurs centaines de personnes.

L’art qui aide

Avec cette exposition, intitulée Enchanté.e, l’organisme souhaite rappeler les bienfaits que l’art peut avoir sur la santé mentale.

«Personne n’est à l’abri des problèmes de santé mentale, et la création est une forme d’échappatoire et d’exutoire extraordinaire», assure Lorraine Palardy.

Or, en plus de promouvoir l’art comme acte de bien-être, l’exposition vise à mettre en lumière des créations en tant qu’œuvres d’art. Art naïf, art brut ou art hors norme: les œuvres de la collection, qui ont pour certaines déjà été exposées dans des foires d’art contemporain ou dans des musées, s’inscrivent dans une pluralité de courants artistiques.

Je crois aux pouvoirs de l’art pour tout le monde, et encore plus quand on a des problèmes de santé mentale.

Lorraine Palardy

La responsable de la Collection des Impatients, Karine Philippon-Raymond, ainsi que l’équipe du 1700 La Poste, avec à sa tête Isabelle de Mévius, ont sélectionné quelques artistes des 30 dernières années parmi les 15 000 pièces de la collection.

Ainsi, le visiteur peut s’émouvoir devant les peintures de Phillippe Lemaire, qui représentent, toujours sous le même angle, la voiture de son père qui venait le chercher une fois par semaine, ou encore devant les représentations de maisons de Minimousse.

Certaines oeuvres mettent en scène des personnages, comme les dessins au trait de joueurs de piano, de Romain Peuvion, ou les portraits à l’acrylique de femmes de Marie-Reine Bourgeois.

«Cette exposition vise à démystifier et à diffuser le travail des artistes, et à rendre fier», souligne le directeur général des Impatients, Frédéric Palardy.

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