Économie : un débat à deux
Le RESO avait invité les quatre candidats dans Saint-Henri¬–Sainte-Anne, dont les partis sont représentés à l’Assemblée nationale. C’est en l’absence de Marguerite Blais, du Parti libéral, et Louis-Philippe Boulanger, de la Coalition avenir Québec, que s’est déroulé l’exercice.
Alors que la libérale avait confirmé sa présence, elle a communiqué avec les organisateurs quelques heures avant la rencontre pour annoncer qu’elle n’y serait finalement pas, a indiqué l’animatrice de la soirée, Ariane Émond. La députée sortante était retenue à Québec aux côtés de Philippe Couillard. Quant au candidat de la CAQ, «il n’a jamais répondu aux multiples coup de fil du RESO», a expliqué Mme Émond.
Devant une cinquantaine de citoyens, Molly Alexander et Véronique Fournier ont fait part de leurs idées en ce qui concerne l’emploi. Comment donner un meilleur accès aux emplois disponibles, leur a demandé le directeur général du RESO, Pierre Morrissette.
Les candidates ont des vues convergentes à ce sujet. Pour elles, ça passe notamment par la formation, l’éducation, la lutte au décrochage. Mme Alexander a plaidé pour un meilleur financement du réseau de l’éducation, des organisations d’économie sociale et des organismes en employabilité.
Mme Fournier a expliqué qu’un gouvernement péquiste adopterait un plan d’action en économie sociale et la «première politique de lutte au décrochage». Le PQ a un objectif, a-t-elle souligné: «que 80% des jeunes Québécois soient diplômés».
Entrepreneuriat
Par rapport aux autres provinces, le Québec a un retard à rattraper en matière d’entrepreneuriat, a indiqué Pierre Morrissette. Quelle est la meilleure façon de le développer?
Véronique Fournier a souligné l’importance du maillage entre les grandes visions et les projets. Elle a fait le lien entre l’électrification du transport proposée par le PQ et les retombées potentielles de cette filière pour le Sud-Ouest. Elle a également mis l’accent sur le soutien à l’exportation. «On veut un Québec ouvert sur le monde», a-t-elle dit.
Rappelant qu’au Québec 80% des entreprises sont des PME, Molly Alexander a soutenu que ce sont elles qu’il faut appuyer. «Les mégaentreprises n’ont pas besoin des ressources publiques pour se financer», a-t-elle dit, plaidant pour «financer les entrepreneurs qui en ont besoin». Mme Fournier a adressé une mise en garde. «Il ne faut pas opposer la grande entreprise aux PME», a-t-elle dit. Quand le gouvernement «appuie des entreprises, c’est pour soutenir l’emploi», a insisté la candidate.
Développement local
En ce qui concerne le meilleur moyen de conserver, consolider et développer des zones d’emploi dans le Sud-Ouest, il a été question de fiscalité.
Pierre Morrissette a dressé un constat: la taxe foncière constitue la principale source de revenus des villes. La tentation est donc forte de privilégier le résidentiel afin d’élargir l’assiette fiscale. «Les zones d’emploi, c’est moins lucratif que le résidentiel», a-t-il noté.
Les candidates s’entendent pour dire qu’il faut diversifier les sources de revenus. Selon Véronique Fournier, afin de préserver les zones d’emploi, il faut freiner la spéculation pour éviter que le résidentiel prenne toute la place. «Il faut revoir la fiscalité pour que les municipalités puissent générer des revenus autonomes», a indiqué Molly Alexander, qui a donné en exemple une surtaxe sur les véhicules plus polluants dont une partie serait retournée aux municipalités.