M. Dorais, pourquoi ne pas réduire le nombre minimum de stationnements?
Trois milliards de dollars, c’est ce que coûtera le réaménagement de l’échangeur Turcot, situé en plein cœur de l’arrondissement du Sud-Ouest.
Cinq milliards de dollars, c’est ce que coûtera la construction du nouveau pont Champlain, qui traversera soit Pointe-Saint-Charles, soit Verdun.
Tout cet argent sera investi par nos gouvernements et notre ville afin de garder intacte l’accessibilité à Montréal pour les visiteurs et les résidents de la Rive-Sud.
Tout se fera au détriment des citoyens du Sud-Ouest et de Verdun.
Tous les jours, des dizaines et des dizaines de milliers d’automobilistes empruntent les ponts Champlain et Victoria et nos rues résidentielles pour se rendre à destination.
N’avons-nous pas déjà assez de trafic automobile sur notre territoire? Lorsque je me déplace sur la rue Wellington en fin d’après-midi, j’ai honte de voir toutes ces voitures qui font du pare-choc à pare-choc en attendant leur tour pour prendre Victoria ou Champlain.
Réduire la dépendance automobile, chez nous
Si on ne peut pas contrôler la dépendance automobile des gens de la Rive-Sud, aussi bien contrôler la nôtre.
Mon arrondissement, celui du Sud-Ouest, connaît un essor fulgurant. Les projets de construction résidentielle se succèdent à un rythme effréné. Bien entendu, Montréal profitera des taxes payées par ces nouveaux résidents, mais ce sont surtout les entrepreneurs qui pourront ensuite se payer la traite.
Le mercredi 5 octobre dernier, l’arrondissement a tenu plusieurs consultations publiques concernant de nouveaux projets. On y apprend qu’au 385 et 431 rue Saint-Martin (dans Griffintown), le promoteur construira 218 unités de stationnement pour 300 logements, soit 68 stationnements de plus que le minimum prévu par le Règlement d’urbanisme de l’arrondissement, qui est de 1 unité par groupe de 2 logements.
Quant au projet du 3601, rue Saint-Jacques, on projette de modifier l’occupation du bâtiment en le faisant passer d’industriel à résidentiel. L’agrandissement du bâtiment est toutefois freiné par ce même Règlement d’urbanisme, car le propriétaire ne dispose pas d’assez de places de stationnement. Il ne pourra qu’agrandir sur 50% de la superficie disponible.
Voici deux aberrations concernant des éléments majeurs de l’urbanisme moderne: réduction de la dépendance à l’automobile et densification du milieu urbain.
Je propose, M. Dorais, que l’arrondissement abolisse le nombre minimal d’espaces de stationnement requis, et que ce nombre soit transformé en un maximum. Sur un territoire aussi bien desservi par le transport collectif et aussi accessible de façon active, il me semble que cette idée serait intéressante.