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Le projet Archivex rejeté par les élus de Projet Montréal

Photo: Archives TC Media

Le projet de recyclage en immeuble à bureaux de l’ancien entrepôt Archivex situé dans Saint-Henri a été finalement rejeté par les élus de Projet Montréal parce que Montréal refuse de protéger à long terme l’espace vert contigu au bâtiment, une condition à son acceptabilité sociale.

«Je suis estomaqué. C’est un projet mobilisateur qui touchait toute une communauté», lance Pierre-Jacques Lefaivre, vice-président du Groupe Mach, le promoteur qui voit ainsi rejetée sa seconde version d’un projet de conversion du bâtiment situé au 3500, Saint-Jacques.

Le projet consistait à transformer l’immeuble vacant en espaces à bureaux pouvant accueillir jusqu’à 1200 travailleurs. La société de services financiers Capital One et la firme d’architecture Lemay auraient été parmi les locataires.

Le projet dérogeait aux normes de densité et de hauteur maximale permises dans le secteur avec une hauteur de sept étages pour une partie de l’édifice qui en compte présentement quatre. La hauteur projetée a suscité l’opposition de citoyens.

Espace vert
Pour atténuer les impacts, l’arrondissement a demandé l’hiver dernier à la ville-centre de transférer le terrain municipal, situé entre le bâtiment et la station de métro Lionel-Groulx, dans le domaine public pour en faire un parc.

La Ville a toutefois refusé, laissant planer un projet de gare intermodale sur ce site. L’arrondissement a cependant tenu tête à l’administration Coderre en zonant le terrain «parc».

En juillet, Denis Coderre a écrit au maire de l’arrondissement et chef de Coalition Montréal, Benoit Dorais, pour lui rappeler sa décision de maintenir le terrain dans le domaine privé de la Ville. Il a invité l’arrondissement «à la plus grande parcimonie» dans les investissements qu’il pourrait faire pour aménager cet espace, soulignant qu’ils «pourraient s’avérer de pures pertes».

«C’est une mise en garde. Si on continue dans cette vision, on aura à en payer les conséquences», explique la conseillère Sophie Thiébaut. Et sans ce parc, les élus de Projet Montréal estiment que le projet n’est pas équilibré et qu’il ne répond pas aux demandes des citoyens.

Benoit Dorais rappelle que si la Ville veut modifier le zonage adopté par l’arrondissement, elle devra présenter un projet et le soumettre à l’Office de consultation publique de Montréal.

«On les voulait les emplois. Ce n’est pas sans conséquence le geste que l’on a posé», reconnaît Sophie Thiébaut.

Déception
«Je suis très déçu. On allait recevoir dans cet immeuble 1200 emplois dont la vaste majorité aurait été de nouveaux emplois», souligne Benoit Dorais, qui a voté en faveur du projet. Il mentionne qu’une entente avec le Regroupement économique et social du Sud-Ouest (RESO) prévoyait une stratégie pour favoriser l’embauche locale.

Pour Guy Biron, vice-président au développement stratégique au RESO, ce ne sont pas seulement les emplois directs qui s’envolent. «C’est l’impact d’un projet structurant dans un secteur qui a grandement besoin d’être stimulé économiquement», insiste-t-il.

Le Groupe Mach digère ce second refus. «Nous sommes en réflexion pour voir ce que nous allons faire, voir quelles sont les alternatives», indique Pierre-Jacques Lefaivre. Le promoteur pourrait développer un projet dans l’immeuble sans ajouter d’étages, mais des raisons économiques pèsent dans la balance. «Garder le bâtiment à cette échelle n’est pas une option, laisse tomber M. Lefaivre. Nous avons une vision plus grande que le statu quo.»

La superficie du bâtiment serait passée d’environ 90 000 à 230 000 pieds carrés.

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