Besoin de logements abordables pour les familles

Besoin de logements abordables pour les familles
Photo: Emmanuel DelacourMartin Blanchard devant les immeubles situés entre les adresses 6257 et 6303, avenue Papineau, qui seront démolis pour laisser place à 45 unités de logements abordables et sociaux.

Malgré l’apparition de projets en logements abordables dans La Petite-Patrie, la situation reste périlleuse pour les familles et les personnes dans la précarité, selon un organisme venant en aide aux locataires.

La liste du Comité de locataires en attente d’un logement subventionné accumule désormais 600 noms et celle de l’Office municipal d’habitation de Montréal en compte plus de 2000 dans l’Arrondissement de Rosemont – La Petite-Patrie.

Il n’y a plus que les personnes à faible revenu qui connaissent des temps durs. Les couples avec des enfants et les gens de la classe moyenne « en arrachent » désormais aussi, selon Martin Blanchard, coordonnateur du Comité logement de la Petite-Patrie.

« On ne voyait pas cela avant, mais depuis quelques années ils ont de la difficulté à se trouver des loyers convenables. On voit des trois et demi monter à 1500 $ par mois et des quatre et demi à 2000 $. Avec un salaire d’à peu près 30 000 $ par année, ce n’est pas facile », explique-t-il.

Le privé s’en mêle

Il y a un réel manque à combler pour les familles, croit ce dernier, si bien qu’après les annonces de la Ville de Montréal à propos de la création de 12 000 logements abordables sur l’ensemble de son territoire, c’est au tour des investissements privés de se lancer dans ce genre de projet.

En effet, l’entreprise en immobilier Les Investissements Castonguay souhaite raser les édifices du côté est de l’avenue Papineau, situés entre les adresses 6257 et 6303, afin d’y construire une série de 15 triplex résidentiels.

« On a récemment déposé une demande de démolition auprès de l’Arrondissement et on vise un début des travaux à la fin du mois de septembre. Si tout se déroule comme prévu, nous procéderons à l’édification des bâtiments en juillet 2020 », affirme Numa Balmer, gestionnaire pour la compagnie.

Ce dernier souligne que l’ensemble des 45 unités d’habitation sera conçu pour offrir du logement abordable et social, ciblant principalement les familles.

« On ne fera rien d’extravagant, on ne se lancera pas dans la construction d’un autre immeuble à condos comme on retrouve déjà un peu partout dans Rosemont », indique M. Balmer.

Pour déterminer si un intérêt réel existait pour cette sorte de développement dans le quartier, Les Investissements Castonguay ont décidé de consulter le Comité logement de la Petite-Patrie.

« C’est plutôt inhabituel que l’on fasse affaire avec un promoteur. Ils nous ont approchés parce qu’ils désiraient savoir si nous étions en contact avec des familles qui sont à la recherche de ce type d’appartement. » -Martin Blanchard, coordonnateur pour le Comité logement.

L’organisme a fait la proposition d’intégrer des unités de logement social au projet, idée qui a été retenue par l’entreprise. « On vient surtout en aide aux gens à faible revenu, du logement abordable, même au prix médian comme cela est prévu dans cet immeuble, c’est souvent trop cher pour leurs moyens. Du logement social c’est plus adapté dans ce cas-là », insiste M. Blanchard.

Selon les plus récentes données disponibles sur le site internet de la Société d’habitation du Québec, le loyer médian d’un logement de deux chambres à coucher est de 820 dollars par mois à Montréal. Celui-ci grimpe à 945 dollars par mois pour un appartement de trois chambres à coucher et à 1 365 dollars par mois pour quatre chambres à coucher.

Le portrait de quartier élaboré par le Regroupement des tables de concertation de la Petite-Patrie déposé au début de l’été 2019, brosse le portrait d’une situation de plus en plus difficile pour les locataires.

Effectivement, ceux-ci semblent quitter le quartier, la proportion de locataires a diminué depuis 2006. En 2016, 71 % des ménages de La Petite-Patrie étaient des locataires, comparativement à 77 % en 2006.

Aussi, depuis 1991, plus de 20 % du parc locatif a été converti en copropriétés.

De plus, en 2016, le loyer moyen d’un logement locatif était de 815 $, soit une hausse de 207 $ par mois par rapport à 2006.

En 2016, le quartier La Petite-Patrie comptait 1 462 logements sociaux.