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L'agrile du frêne au porte de VSP

Il est petit, ne paie pas de mine et peut passer totalement inaperçu aux yeux du grand public. Pourtant, l’agrile du frêne, insecte ravageur originaire d’Asie du Sud-Est, a déjà fait des centaines de victimes.

Villeray – Saint-Michel – Parc-Extension (VSP) compte 4661 frênes. Après une inspection faite l’an dernier, l’administration n’a dénombré aucun arbre contaminé.

« Pour le moment, nous n’avons pas détecté la présence de l’insecte ravageur sur notre territoire, mais nous sommes conscients que c’est une question de temps. C’est pourquoi nous poursuivons nos mesures préventives afin de limiter le plus possible la mortalité de nos frênes et préserver notre canopée. Nous sommes très préoccupés par la présence éventuelle de l’agrile dans notre arrondissement », a indiqué Anie Samson, mairesse de VSP.

Depuis l’apparition du premier foyer d’infestation à Montréal en 2011, l’arrondissement a effectué du dépistage par écorçage de branches sur 972 frênes, dont 130 l’an dernier. L’arrondissement a également procédé à de l’abattage préventif (51 arbres en 2012 et 49 en 2013) sur des arbres en mauvais état afin d’éviter la progression de l’agrile.

Dans une optique de résistance face aux insectes ravageurs, plus aucun frêne n’est planté depuis 2008, soit depuis l’apparition du premier foyer d’infestation.

Un gouffre financier

Depuis trois ans, Montréal tente de limiter les dégâts, mais le budget consacré pour sauver les frênes commence à peser lourd.

Les investissements pour l’année 2014 se chiffre à 3 400 000 $.

De cette somme, 98 183 $ sont octroyés à VSP pour s’occuper de ses frênes de rue. Il faut dire que le traitement d’un arbre moyen au biopesticide TreeAzin est de 200 $; un traitement préventif, qui est à renouveler tous les deux ans.

Besoin d’une lutte commune

Le problème est que la Ville ne peut intervenir que sur le domaine public.

Les propriétaires possédant des frênes doivent faire leurs propres démarches et payer pour les traitements.

Pour l’abattage, on peut débourser des centaines voire plusieurs milliers de dollars. Or, certains n’ont pas les moyens.

« Il est certain que c’est un coût, explique Robert Lavallée, chercheur à Ressources naturelles Canada. Mais chacun devrait faire un effort, car sinon les terrains privés vont ressembler à des pouponnières à insecte. »

M. Lavallée estime également que la population n’est pas assez informée. Depuis plusieurs mois, des résidents se présentent au conseil d’arrondissement pour tenter d’avoir de l’information sur cette bestiole.

« Que faites-vous pour contrer ce fléau? Que puis-je faire pour sauver mon arbre? Je voudrais aider, puis-je adopter le frêne qui est dans ma rue? » sont quelques-unes des questions entendues pendant ce rendez-vous mensuel.

« Les autorités municipales peuvent recommander l’abattage d’un arbre situé sur des propriétés privées pour limiter la propagation de l’insecte, mais présentement, aucun règlement n’oblige un Montréalais à abattre un arbre sur sa propriété, à moins que celui-ci ne constitue un danger pour la sécurité de la population », indique la Ville-centre.

Déjà trop tard?

Pour certains experts, le sort des frênes est déjà réglé.

« Je pense qu’à Montréal, ils vont tous y passer, affirme M. Lavallée. On ne sait pas combien de temps va durer cette vague de l’agrile. On sera peut-être capable d’implanter une maladie qui tuera l’agrile, mais il y a beaucoup de paramètres incontrôlables. C’est un malheur pour les Montréalais de voir mourir tous ces arbres. »

En milieu urbain, les frênes servent d’écran contre le vent, atténuent les fluctuations de température et réduisent la pollution.

(En collaboration avec Audrey Gauthier)

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